Cap sur sur Lanvéoc pour la Misaine Bleue 2026 !

La navigation en voile-aviron peut se pratiquer de bien des façons. Certains apprécient le calme et la liberté des sorties en solitaire. Mais le plaisir prend souvent une tout autre dimension lorsque plusieurs bateaux se retrouvent sur l’eau. Deux possibilités permettent alors de naviguer en flottille : participer à un rassemblement organisé par une association ou rejoindre un rendez-vous plus informel entre copains.

C’est dire que l’initiative de Denis de créer un groupe FaceBook le Vela rem social club est une excellente initiative !

Mais en début de la semaine prochaine nous mettons le cap sur la Bretagne et Lanvéoc pour la Misaine Bleue organisé par l’AS SEIL.

La Misaine Bleue met le cap sur la rade de Brest

Après le Golfe du Morbihan en 2025, la Misaine Bleue retrouve cette année le Finistère. Le rassemblement se déroulera au départ de la cale de Lanvéoc, avec des navigations en flottille dans la rade de Brest.

Face à Lanvéoc s’étend un formidable terrain de jeu pour nos petits bateaux : une immense rade presque entièrement fermée, des côtes découpées, des pointes, des anses et des paysages profondément maritimes. Mais il faudra aussi tenir compte des marées, des courants et, naturellement, de l’humeur du vent breton.

Le programme précis des navigations dépendra donc des conditions rencontrées. Avec un voile-aviron, on apprend vite à ne pas faire de projets trop définitifs : si le vent est favorable, on hisse la toile ; s’il disparaît, on sort les avirons ; et s’il souffle dans le mauvais sens, on explique que le détour était prévu depuis le début.

la cale et derrière le camping Cap ouest où nous logerons.

La grande cale de Lanvéoc permettra la mise à l’eau de la flottille. Située au pied de la pointe, elle ouvre directement sur la rade de Brest et bénéficie d’un vaste panorama qui promet déjà de belles photographies.

L’AS.SEIL : naviguer ensemble depuis 1998

Derrière la Misaine Bleue se trouve l’AS.SEIL Voile-Aviron, une association créée autour d’une idée simple : permettre aux propriétaires et aux amateurs de petits bateaux de se rencontrer et de naviguer ensemble.

Sa devise pourrait tenir dans la phrase affichée sur son site :

« Depuis 1998, nous naviguons ensemble ! »

Tout est là.

L’AS.SEIL ne s’intéresse plus seulement aux bateaux de type Seil. Elle rassemble aujourd’hui une flottille particulièrement variée : Ilur, Skerry, Aber, Laïta, Morbic, Gazelle des îles, Whilly Boat, kayaks et canoës à voile, constructions professionnelles ou réalisations d’amateurs…

Les formes et les gréements diffèrent, mais tous partagent la même philosophie : des bateaux transportables, capables de naviguer à la voile comme à l’aviron, suffisamment petits pour explorer les criques et suffisamment marins pour offrir de véritables aventures.

L’association organise des rassemblements, des navigations estivales et des stages consacrés à la pratique du voile-aviron. Elle permet également de partager des conseils, des expériences de navigation, des idées d’aménagement.

Son site présente les prochains rendez-vous, mais aussi les récits et les photographies des rassemblements passés. Je vous recommande donc vivement de le visiter : www.asseil.fr.

Bien plus qu’un rassemblement de bateaux

La Misaine Bleue n’est ni une course ni une démonstration réservée à quelques spécialistes. C’est avant tout une rencontre entre copains qui aiment naviguer autrement.

Les rassemblements de l’AS.SEIL sont aussi l’occasion de découvrir les bateaux des autres. On observe un gréement particulièrement ingénieux, une méthode de rangement, un taud de bivouac ou un système de mise à l’eau. On pose une question, puis une autre, et l’on repart souvent avec dix nouvelles idées de bricolage qui viendront compliquer le bateau pendant l’hiver suivant !

Mais l’essentiel est ailleurs : dans le plaisir de voir avancer une flottille bigarrée, dans l’entraide sur la cale, dans les pique-niques et dans les conversations qui se prolongent bien après le retour à terre.

l’an dernier dans le golfe du Morbihan

Lors de la Misaine Bleue 2025, à Arradon, 30 bateaux avaient navigué pendant trois jours dans le Golfe du Morbihan. Le calme plat avait parfois imposé de sortir les avirons avant qu’un léger vent ne permette enfin à la flottille de reprendre sa route sous voiles. Une journée typiquement voile-aviron, en somme ! Le récit et les photographies de cette édition sont à retrouver sur la page des événements de l’AS.SEIL et sur l’Os, oeuf corse !

L’Os à Voile sera de la partie

Nous avons donc rendez-vous à Lanvéoc au début du mois de septembre.

Le bateau devra traverser une bonne partie de la France sur sa remorque avant de retrouver l’eau salée. Une étape est prévue chez l’ami Pierre à La Rochelle. Je me méfie toutefois des voyages vers la lointaine Bretagne, notre participation à la semaine du Golfe l’an dernier avait été piteusement écourtée avec un demi tour à moitié chemin !

Mais c’est précisément ce genre de rendez-vous qui donne tout son sens à nos petits bateaux. Ils sont faits pour voyager, découvrir de nouveaux plans d’eau et rejoindre d’autres équipages partageant la même passion.

Cette Misaine Bleue promet une belle flottille dans un décor magnifique. Il ne reste plus qu’à espérer un peu de soleil, un vent raisonnable et une rade de Brest accueillante. Et pas de retour intempestif de la canicule ! Pour le reste, nous faisons confiance aux amis de l’AS.SEIL et à la bonne humeur habituelle des participants.

Nous vous raconterons naturellement cette aventure au retour, avec des photographies, les meilleurs moments de navigation et sans doute quelques péripéties imprévues.

Car une sortie au cours de laquelle tout se déroule exactement comme prévu fournit rarement un très bon article pour L’Os à Voile !

Les inscriptions à la Misaine Bleue 2026 sont désormais closes.

De L’Os à Moelle à L’Os à Voile : hommage à Pierre Dac !

Certains lecteurs se sont peut-être demandé d’où venait le nom de ce blog. Pourquoi L’Os à Voile ? Pourquoi un os ? Et pourquoi lui mettre une voile, alors qu’un os, chacun le sait, remonte assez mal au vent ?

La réponse tient en trois mots : Pierre Dac, évidemment !

Un os peut en cacher un autre !

En 1938, Pierre Dac fondait L’Os à Moelle, un hebdomadaire entièrement consacré à ce qu’il appelait lui-même « l’organe officiel des loufoques ». On y trouvait de fausses nouvelles, des petites annonces impossibles, des reportages improbables et toutes sortes d’informations indispensables dont personne n’avait besoin.

Pierre Dac maniait l’absurde avec une logique implacable. Chez lui, plus un raisonnement était rigoureux, plus sa conclusion devenait extravagante. Il savait révéler, derrière le sérieux des discours officiels et la solennité des gens importants, cette petite fissure par laquelle s’échappe le ridicule.

L’Os à Moelle n’était donc pas un journal sans queue ni tête. Il possédait bien une tête, parfois même plusieurs, mais celles-ci n’étaient pas nécessairement placées au bon endroit !

Pourquoi L’Os à Voile ?

Lorsque j’ai cherché un nom pour ce blog consacré aux canots voile-aviron, aux canoës et aux kayaks à voile, le rapprochement s’est imposé.

De L’Os à Moelle à L’Os à Voile, il n’y avait qu’un petit changement de gréement.

Le nom correspondait parfaitement à l’esprit de ces navigations : des bateaux modestes, des équipages qui ne se prennent pas trop au sérieux, beaucoup de bricolage, quelques échouages volontaires et d’autres qui le sont moins, des mises à l’eau pleines d’optimisme et des retours parfois riches en enseignements.

Car naviguer sur un petit bateau, c’est aussi apprendre à conserver son sens de l’humour. Surtout lorsque le vent tourne au moment où l’on vient enfin de régler la voile. Lorsque la remorque refuse de reculer en ligne droite. Lorsque la cale de mise à l’eau s’arrête précisément là où commence la vase. Ou lorsque le chien décide que le meilleur moment pour changer de bord est celui où vous le faites vous-même.

Dans ces circonstances, deux solutions se présentent : se fâcher contre les éléments ou penser à Pierre Dac. La seconde fatigue moins et ne nécessite aucun dessalage.

Le sérieux de ne pas se prendre au sérieux

Rendre hommage à Pierre Dac, ce n’est pas seulement reprendre un jeu de mots. C’est essayer de conserver quelque chose de son regard : une manière de rester libre face aux certitudes, aux règlements, aux habitudes et aux vérités trop bien établies.

Le monde nautique n’échappe pas toujours au sérieux. On y parle volontiers de performances, de programmes de navigation, de coefficients, de réglages, de matériaux et de vitesses moyennes. Tout cela est utile, bien sûr. Mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : le plaisir d’être sur l’eau.

Sur L’Os à Voile, nous pouvons donc parler très sérieusement d’un nœud de chaise, d’une dérive, d’un foc ou d’un aviron… tout en admettant qu’un marin qui prétend n’avoir jamais commis de manœuvre ridicule est probablement resté au port.

Comme aurait pu le rappeler Pierre Dac, un bateau qui ne prend jamais l’eau est peut-être simplement un bateau qui n’en approche pas.

Petits bateaux et grandes aventures

Nos embarcations n’ont pas besoin de traverser l’Atlantique pour nous offrir des aventures. Il suffit parfois d’un lac, d’un étang, d’une rivière ou d’un morceau de côte. Un pique-nique dans une ile que l’on distingue sans jumelles de la côte, une voile dans le vent, deux avirons à portée de main et une météo suffisamment indécise pour maintenir l’équipage en éveil.

Les tout petits voiliers ont cette qualité merveilleuse : ils ramènent la navigation à une échelle humaine. On les pousse, on les tire, on les répare, on les améliore et, certains jours, on leur parle. Ils répondent rarement, mais cela vaut peut-être mieux.

Ils favorisent également les rencontres. Sur une cale ou au bord d’une grève, il suffit d’un gréement inhabituel, d’un détail de construction ou d’une manœuvre légèrement acrobatique pour engager la conversation. Les conseils circulent, les histoires aussi, et les navigations passées deviennent vite plus belles à mesure qu’on les raconte.

Merci, Pierre Dac

Ce blog porte donc un nom qui est à la fois un clin d’œil et un salut respectueux.

N’oublions pas qu’après avoir gagné Londres en 1943, Pierre Dac rejoignit l’équipe de l’émission de la BBC Les Français parlent aux Français. Par ses chroniques, ses chansons et son humour mordant, il ridiculisa la propagande nazie et le régime de Vichy, soutint le moral des Français et encouragea la Résistance. Il devint ainsi l’une des voix les plus célèbres de Radio Londres, menant contre l’occupant une véritable « guerre des ondes ».

S’il ne faut écouter que l’une de ses interventions, c’est celle ci

Merci à Pierre Dac d’avoir donné au loufoque ses lettres de noblesse. Merci de nous avoir appris que l’absurde pouvait être une forme de lucidité et que l’humour restait une excellente embarcation pour traverser les tempêtes de l’existence.

L’Os à Voile n’est pas L’Os à Moelle. Il en est seulement un très lointain petit cousin nautique, embarqué sur une coque légère, avec une voile couleur cachou, quelques bouts qui traînent et, si possible, Raoul installé à l’avant et Maman qui ronchonne à la barre…

Ici, nous continuerons donc à parler de petits bateaux, de navigations, de rassemblements, de bricolages, de réussites et de déconvenues. Nous essaierons de le faire sérieusement, mais jamais solennellement.

Car en mer comme ailleurs, rien ne sert d’avoir le pied marin si l’on perd le sens de l’humour.

Foc ou spi sur un Silmaril : faut-il vraiment choisir ?

Venexiana 5 est arrivé avec un gréement particulièrement bien pensé. Yves, son constructeur et précédent propriétaire, avait peaufiné au fil des années une multitude de réglages destinés à exploiter au mieux le bateau.

Parmi eux figurait un bout-dehors orientable. Un système ingénieux permettait de le déporter au vent pour l’utiliser un peu à la manière d’un tangon et améliorer ainsi le travail du spi asymétrique.

C’était efficace, léger et parfaitement adapté à la manière dont Yves utilisait le Silmaril.

Le problème, c’est que je ne navigue pas exactement comme lui.

Yves utilisait essentiellement un spi. Pour ma part, je souhaite également pouvoir envoyer un foc. Et c’est là que les choses commencent à se compliquer.

Le foc : simple et rassurant

Le foc est une voile sans surprise.

Il améliore les performances au près, participe à l’équilibre du bateau et reste utilisable dans une plage de vent assez large. Il convient bien aux navigations tranquilles, lorsque le but n’est pas nécessairement d’aller le plus vite possible, mais de conserver un bateau facile à conduire.

Sur un Silmaril, il offre aussi un intérêt appréciable lorsque l’on navigue à deux en fournissant une occupation à l’équipier !

Le foc possède cependant un inconvénient : il occupe l’avant du bateau et utilise le point d’amure du bout-dehors. Or c’est précisément là que le spi aimerait, lui aussi, prendre ses aises.

Avec le foc…

Le spi : sortir le grand jeu ?

Le spi asymétrique est une tout autre affaire.

Dans le petit temps et aux allures portantes, il apporte une surface de voile supplémentaire et, surtout, beaucoup de plaisir. Le bateau s’anime, accélère et prend immédiatement une autre allure.

Un spi ajoute aussi une jolie tache de couleur devant le bateau, ce qui ne fait peut-être pas gagner beaucoup de nœuds, mais améliore considérablement les photographies !

Lors de nos premiers bords au lac du Der, le vent très léger se prêtait parfaitement à son utilisation. Il aurait été dommage de s’en priver.

hum… pas trop gonflé le spi ! – photo Lionel Baudoin

Un bout-dehors pour deux voiles

Le système installé à l’origine permettait d’orienter horizontalement le bout-dehors. Cette possibilité était intéressante avec le spi, mais elle devenait inutile pour le foc, qui doit rester fixé dans l’axe du bateau.

Le réglage fonctionnait grâce à plusieurs bouts revenant sur des taquets coinceurs. Il fallait y ajouter le palan maintenant le bout-dehors sur l’étrave.

Le résultat ressemblait un peu à une toile d’araignée.

Après une saison de réflexion, j’ai donc simplifié le dispositif. Le bout-dehors est maintenant maintenu dans l’axe par une pièce de chêne fixée sur le pontage et par une dame de nage installée à l’étrave.

Deux trous, une goupille, un axe traversant : le montage et le démontage sont rapides et les bouts ont cessé de se reproduire clandestinement à l’avant du bateau.

Cette modification convient parfaitement au foc. Elle reste également compatible avec le spi, même si celui-ci a perdu la possibilité de déborder son point d’amure au vent.

La question n’est donc plus de savoir si le bout-dehors peut recevoir les deux voiles. Il le peut.

La difficulté consiste à passer de l’une à l’autre.

Changer de voile en navigation

Pour le moment, foc et spi ne sont pas installés simultanément. Lorsque je souhaite changer de voile, je dois affaler celle qui est en place, récupérer sa drisse, préparer la seconde puis la hisser. Sans oublier les écoutes ! Les mousquetons facilitent la manoeuvre.

Dans le petit temps, la manœuvre reste parfaitement réalisable. Elle occupe un peu et permet de donner l’impression à l’équipage que l’équipier maîtrise son sujet !

Lorsque le vent monte, que le bateau bouge davantage et que plusieurs bouts commencent à chercher querelle à mes chevilles, l’opération devient moins élégante.

La solution idéale pour le foc serait l’installation d’un emmagasineur, comme celui que j’utilisais sur le Skerry. Le foc pourrait rester à poste, enroulé sur lui-même, puis être déployé ou rangé rapidement.

Mais cela ne résoudrait pas tout.

Si la drisse actuelle reste attachée à l’emmagasineur, il faudrait ajouter une seconde drisse pour le spi. Ce serait pratique, mais cela ajouterait encore un bout, un passage dans le mât et un élément supplémentaire à installer au moment du gréement.

Nous revenons donc à l’éternel problème des petits bateaux : chaque amélioration simplifie une manœuvre et complique le reste.

« l’équipier maîtrise son sujet » c’est à voir ! Parfois dans la précipitation il peut y avoir quelques confusions ! Bah notons que cela marche quand même !!!

Faut-il vraiment choisir ?

Sur le papier, le choix paraît simple :

  • le foc pour remonter au vent et naviguer tranquillement ;
  • le spi pour les allures portantes et les petits airs ;
  • les deux pour bénéficier d’un gréement plus polyvalent.

En pratique, je ne souhaite pas transformer Venexiana 5 en usine à gaz. L’un des grands plaisirs du voile-aviron reste de pouvoir arriver près de l’eau, gréer rapidement et partir naviguer sans passer une heure à démêler des ficelles.

Pour le moment, je conserve donc les deux voiles, mais je choisis celle qui paraît la mieux adaptée avant le départ.

Si le vent annoncé est régulier et que la navigation doit comporter beaucoup de près, j’installe le foc. Si le temps est léger et que le parcours favorise les allures portantes, le spi prend sa place.

Et lorsque les conditions changent en cours de route, je change de voile en navigation, avec plus ou moins d’élégance selon l’état de la mer, l’humeur des bouts et la coopération de l’équipage.

La prochaine étape ?

L’emmagasineur reste malgré tout dans un coin de ma tête.

Il permettrait de garder le foc disponible sans encombrer le pontage et de le ranger très rapidement avant d’envoyer le spi. Une drisse supplémentaire rendrait les deux voiles immédiatement utilisables.

Emmagasineur

Reste à déterminer si le confort gagné sur l’eau compensera les complications ajoutées au gréement.

Je vais donc continuer à naviguer ainsi pendant quelque temps avant de sortir la perceuse. Venexiana 5 fonctionne déjà très bien et l’expérience m’a appris une règle essentielle : lorsqu’un bateau marche, il vaut mieux réfléchir longtemps avant de lui faire des trous.

Alors, foc ou spi ?

Pour l’instant, je refuse de choisir.

Je veux simplement pouvoir utiliser le bon au bon moment… sans que le bateau ressemble à un standard téléphonique des années 1950.

Et puis reste alors une solution intermédiaire … remplacer spi et foc par une seule voile : un code 0 qui pourrait être équipé d’un emmagasinneur.

Je suis preneur de toutes idées sur le sujet !