Retour à Serre Ponçon

L’an dernier, le rassemblement « Les Voiles d’en haut » nous avait offert l’occasion de retrouver le superbe lac de Serre-Ponçon. Un plan d’eau que nous avions déjà largement sillonné du côté de Savines-le-Lac, à l’époque héroïque du Fireball — quand nous étions jeunes, beaux et presque toujours persuadés de savoir d’où venait le vent.

Comme ce rassemblement n’a lieu que tous les deux ans, pas question d’attendre sagement la prochaine édition ! Nous avons donc décidé de retourner à Serre-Ponçon pour un court séjour, tout en lançant un appel aux copains : « Nous y serons… qui nous aime nous suive ! »

Pour être exact c’est à Saint Vincent les Forts, c’est à dire côté Ubaye du plan d’eau que nous nous planté notre camp de base.

L’appel fut entendu par nos amis savoyards : Hugues arriva avec son Skerry Raid et Fred avec la Matine son Ilur.

Nous voilà donc réunis en cette fin du mois de juin pour quelques jours de belles navigations et de joyeuses retrouvailles dans le magnifique décor du lac de Serre-Ponçon enchâssé dans les montagnes alpines.

Le Skerry raid d’Hugues

Et l’ami Fred et son Illur !

Le camping est toujours au top, au bord de l’eau et nous sommes à la bonne période, juste avant le rush des vacanciers !

Le même emplacement que l’an dernier !
Que l’on ne s’y trompe pas ! Nos savoyards sont des cuistots hors pairs et on ne se laisse pas abattre !
Raoul toujours au top en navigation !
Et là pour finir vous assistez au sauvetage d’un malheureux camping cariste allemand, coincé sur une pente herbeuse glissante qui s’en sortira grâce aux chaînes à neige de nos valeureux savoyards !!!

Rassemblement « les Voiles de la lagune » à la Nautique.

Cette fois, cap au sud pour un nouveau rassemblement qui s’annonçait prometteur… et il a tenu toutes ses promesses !

Notre camp de base ? Le magnifique site de La Nautique, sur les rives de l’étang de Bages, près de Narbonne. Un lieu exceptionnel qui réunit sur un même espace un port, un club de voile, une importante école de voile, un restaurant et même un secteur dédié aux vieux gréements et aux voiles-avirons. Le tout animé par une association particulièrement dynamique.

Installés sous les pins !

Dès notre arrivée, l’équipe de La Nautique nous a réservé un accueil royal. Sous les grands pins, il ne manquait pas de place pour installer les vans, et ceux qui préféraient un peu plus de confort pouvaient même profiter des chambres du club.

Vendredi après-midi, la Tramontane soufflait généreusement. Le plan d’eau se couvrait de moutons blancs pour le plus grand bonheur des kitesurfeurs et autres véliplanchistes .

Samedi matin, après un copieux petit-déjeuner offert par les amis du club, le vent s’était assagi. Des conditions idéales pour une navigation en flottille jusqu’au superbe village de Bages. Là nous attendaient un apéritif convivial puis un repas servi sous les chapiteaux. L’après-midi, un agréable thermique est venu prendre le relais et nous a offert une magnifique session de navigation sur l’étang. Du soleil, du vent, une eau superbe… et surtout aucun jet-ski à l’horizon. Le paradis !

Le village de Bages, les voiles latines le samedi matin
L’après midi le vent est au rendez-vous !

Le soir, place à la convivialité avec un apéritif suivi d’une généreuse paella dégustée sous les pins de l’école de voile.

Dimanche, la météo a imposé quelques ajustements : la navigation prévue le matin a été reportée à l’après-midi en avançant l’heure du barbecue. Une sage décision qui a permis de profiter pleinement des meilleures conditions.

Le « Deux Frères » le bateau du patrimoine géré par l’association du même nom.

L’association les amis du Deux-Frères

Mais La Nautique ne se résume pas à la voile. Le site est également un véritable trésor historique. C’est ici que se trouvait l’un des principaux ports de la Narbonne gallo-romaine. Les fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges du port antique, mais aussi ceux d’une immense villa maritime et d’un impressionnant vivier destiné à l’élevage des poissons.

Pour prolonger cette plongée dans le passé, nous avons pris la direction du musée de Narbonne. Et quelle surprise ! Une visite guidée exceptionnelle nous a permis de découvrir les réserves habituellement fermées au public ainsi que les ateliers de restauration des enduits peints en provenance de la villa maritime.

Au final, ce rassemblement aura réuni tous les ingrédients d’un excellent cru : le plaisir de retrouver les amis, de faire de nouvelles rencontres, de partager de belles navigations dans un cadre préservé et de s’enrichir de découvertes historiques et archéologiques passionnantes. Une parenthèse dont nous sommes repartis avec de très beaux souvenirs… et déjà l’envie de revenir.

D’autres photos du rassemblement

Premiers bords pour Venexiana 5

C’est sur le lac du Der que nous avons pu tester notre nouveau bateau.

C’est toujours un grand plaisir de retrouver les copains sur ce magnifique plan d’eau. Cette année le beau temps était au rendez-vous. Au fil de ces dernières années nous avions maints fois subi des météos maussades, mêlant pluies, vents forts et même de la neige !

Cette fois, tempête de ciel bleu, un fond d’air restant frais mais agréable et un vent léger, « un temps de demoiselles ».

Juste ce qu’il nous fallait pour tester tous les réglages de ce bateau que son précédent constructeur et propriétaire, Yves, avait soigneusement peaufiné au fil des années.

Un vent très léger qui nous évité de trop recourir aux avirons, sauf pour la sortie du port.

La mise à l’eau avec notre charriot 4X4 et deux autres Silmaril
La sortie du port : gros avantage par rapport au Skerry, Marie peut barrer et diriger le bateau – photo E. Gut
Avec le spi en voile d’avant – photo Lionel Baudoin
L’équipage au complet, Marie a conservé la barre durant ces trois jours me permettant de peaufiner les réglages … sous la surveillance de Raoul ! – Photo Lionel Beaudoin
Ici on constate que l’on a changé de voile d’avant : c’est le foc du gréement que j’avais acheté quand il était question de construire le nouveau bateau. photo Emmanuel Conrath

Donc un bilan très positif sur l’eau. Le seul problème est venu de la remorque. Le choix d’un charriot de mise à l’eau à le grand avantage de supprimer les manoeuvres de cale avec la voiture. Le problème vient des roues positionnées trop en arrière ce qui amène trop de poids sur l’avant. On résolvait la chose avec le Skerry en faisant ripper le bateau sur la remorque pour positionner les roues à peu près au milieu du bateau ce qui permettait une manutention facile. Avec le Silmaril, plus lourd, l’utilisation de l’ancien charriot de mise à l’eau embarqué du Skerry et placé à l’avant du charriot transforme celui-ci en 4X4 qu’il suffit de pousser ou de tirer avec des efforts moindres.

J’avais procédé à des essais de dépose et de remontée du bateau dans la cour à la maison et tout fonctionnait à une seule personne. Cette fois, si la dépose remorque attelée à la voiture s’est faite sans problème, nous avons eu du mal pour la remontée. En fait, l’opération doit se réaliser remorque dételée pour profiter du timon cassant.

Problème résolu de retour à la maison avec quelques modifications sur le chariot et la mise au clair des séquences de dépose et remontée du bateau sur la remorque routière en jouant sur la casse du timon.

Et pour finir, voilà P’tit Truk, c’est le nouveau nom de Pirate du Rhône. Yves a fait tout ce qu’il convenait pour profiter du Skerry au maximum : chasse au poids, plus de bancs, mat carbone, nouvelle voile… Le résultat est au rendez vous et nous sommes très contents de notre échange de bateaux !

Lien vers plus de photos de Terre et Der 2026

La Misaine bleue. Jour 2 : danse avec les Sinagots !

Pour cette deuxième journée, le vent et le soleil sont au rendez-vous. L’après-midi nous aurons même droit à une brise soutenue avec quelques bonnes risées.

Le programme prévoit une navigation commune avec les Sinagots de l’association « les amis du Sinagot ».

Sinagot Les trois Frères – photo Pline

Ce sont de robustes bateaux de travail, typique du golfe du Morbihan. Gréés de deux voiles au tiers. Trois unités vont nous accompagner aujourd’hui. Les Trois Frères, Joli vent et Mab er Guip.

Les participants au rassemblement qui le souhaitent ont la possibilité d’embarquer sur ces bateaux. Pour notre part, nous choisissons de rester sur notre valeureux esquif !

Les Sinagots sont basés à Port Anna et le rendez-vous entre les deux flottilles est fixé du côté des Logoden.

Nous avons pris un ris, ce qui avec notre voile n’est pas compliqué vu qu’il n’y en a qu’un !

La flottille des voiles aviron quitte le port et nous nous efforçons de tirer des bords vers les îles Logoden. Cette fois nous avons le courant dans le nez.

Soyons francs, le résultat n’est pas fameux, nous en sommes réduits à tirer des bords carrés, c’est-à-dire à progresser de manière calamiteuse… Je persiste néanmoins en essayant de soigner ma navigation mais ce n’est que bien plus tard dans l’après-midi que je trouverai enfin la solution pour améliorer mon cap…

En attendant, les Sinagots déboulent entre les îles et nous abattons pour leur emboîter le pas avec cette fois le courant avec nous !

Première impression, ces gros bateaux sont fichtrement agiles et rapides !

Nous repassons devant le port d’Arradon et nous dirigeons en direction de la côte ouest de l’île aux Moines.

Au passage étroit au niveau de Port Blanc voilà que ça commence à devenir rigolo, le courant se renforce avec l’impression de dévaler un tapis roulant, heureusement le vent est constant et le bateau reste manoeuvrant mais c’est parfois limite !

Les gros pépères de Sinagots tracent leur route sans difficulté, c’est là que l’on voit que ces bateaux sont chez eux, bien dans leur environnement.

Nous continuons de descendre le long de l’île aux Moines mais peu à peu le courant n’est plus aussi favorable. À la VHF on nous signale que l’on va s’arrêter sur la plage du Gored.

Problème, le courant nous repousse et c’est reparti pour les bords carrés. Je décline une proposition de remorquage ce qui me vaut quelles remarques désabusées pas bien méchantes mais justifiées. Je m’entête car je sens qu’il y a quelque chose qui cloche et qui m’empêche de remonter au vent correctement. Après tout, il fait beau nous avons une bonne brise, on doit y arriver, bon sang de bois ! Comme dit la chanson :  » Y a quelque chose qui cloche là-dedans, j’y retourne immédiatement » !

Et enfin, je trouve la solution ! Le problème vient de mon foc qui me fait abattre et perdre en cap. Il est vrai que j’avais installé ce foc sans grand calcul. Déjà la première fois que je l’avais déroulé, c’était au sortir du port sur le lac du Der avec peu de vent, le bateau s’était mis à abattre sans que je ne puisse rien faire sinon enrouler le foc en catastrophe avant d’aller me fracasser sur les rochers de la digue. Et cette fois bingo ! Sans la voile d’avant le bateau retrouve un certain équilibre qui nous permet enfin de retrouver un meilleur cap et de rallier la plage où c’est l’heure du pique-nique.

La marée descend et je mouille Pirate du Rhône à quelques mètres du rivage. Et cette fois Raoul a l’autorisation de débarquer !

Au mouillage dans la baie du Gored sur l’île aux Moines

Donc, pause casse-croûte pour les uns, tandis qu’une autre partie de la flotte, les cadors, préfère se colleter avec les courants, profiter du vent et réaliser une sortie et une rentrée du golfe.

Une fois sustentés et l’ensemble de la flottille de nouveau réunie, c’est le retour vers Arradon en bouclant le tour de l’île aux Moines. Cette fois le vent est bien établi. Les rafales costaudes et un bon clapot secouent notre petit Skerry. Raoul n’est pas rassuré ! Marie apprécie sa nouvelle combinaison sèche qui la protège des paquets de flotte qui lui dégringole sur la cafetière ! Mais tout se passe sans encombre, la navigation est agréable dans ce magnifique paysage.

Nouvelle soirée conviviale avec une conférence donnée par les amis du Sinagot, ce qui nous permet de mieux connaître et d’apprécier ces beaux navires de pêche du golfe.

Et pour résumer ces deux jours de navigation la superbe vidéo de Denis du Silmaril Keleren IV.

Et toutes les photos prises par les différents participants.