Certains lecteurs se sont peut-être demandé d’où venait le nom de ce blog. Pourquoi L’Os à Voile ? Pourquoi un os ? Et pourquoi lui mettre une voile, alors qu’un os, chacun le sait, remonte assez mal au vent ?
La réponse tient en trois mots : Pierre Dac, évidemment !

Un os peut en cacher un autre !
En 1938, Pierre Dac fondait L’Os à Moelle, un hebdomadaire entièrement consacré à ce qu’il appelait lui-même « l’organe officiel des loufoques ». On y trouvait de fausses nouvelles, des petites annonces impossibles, des reportages improbables et toutes sortes d’informations indispensables dont personne n’avait besoin.
Pierre Dac maniait l’absurde avec une logique implacable. Chez lui, plus un raisonnement était rigoureux, plus sa conclusion devenait extravagante. Il savait révéler, derrière le sérieux des discours officiels et la solennité des gens importants, cette petite fissure par laquelle s’échappe le ridicule.
L’Os à Moelle n’était donc pas un journal sans queue ni tête. Il possédait bien une tête, parfois même plusieurs, mais celles-ci n’étaient pas nécessairement placées au bon endroit !
Pourquoi L’Os à Voile ?
Lorsque j’ai cherché un nom pour ce blog consacré aux canots voile-aviron, aux canoës et aux kayaks à voile, le rapprochement s’est imposé.
De L’Os à Moelle à L’Os à Voile, il n’y avait qu’un petit changement de gréement.
Le nom correspondait parfaitement à l’esprit de ces navigations : des bateaux modestes, des équipages qui ne se prennent pas trop au sérieux, beaucoup de bricolage, quelques échouages volontaires et d’autres qui le sont moins, des mises à l’eau pleines d’optimisme et des retours parfois riches en enseignements.

Car naviguer sur un petit bateau, c’est aussi apprendre à conserver son sens de l’humour. Surtout lorsque le vent tourne au moment où l’on vient enfin de régler la voile. Lorsque la remorque refuse de reculer en ligne droite. Lorsque la cale de mise à l’eau s’arrête précisément là où commence la vase. Ou lorsque le chien décide que le meilleur moment pour changer de bord est celui où vous le faites vous-même.
Dans ces circonstances, deux solutions se présentent : se fâcher contre les éléments ou penser à Pierre Dac. La seconde fatigue moins et ne nécessite aucun dessalage.
Le sérieux de ne pas se prendre au sérieux
Rendre hommage à Pierre Dac, ce n’est pas seulement reprendre un jeu de mots. C’est essayer de conserver quelque chose de son regard : une manière de rester libre face aux certitudes, aux règlements, aux habitudes et aux vérités trop bien établies.
Le monde nautique n’échappe pas toujours au sérieux. On y parle volontiers de performances, de programmes de navigation, de coefficients, de réglages, de matériaux et de vitesses moyennes. Tout cela est utile, bien sûr. Mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : le plaisir d’être sur l’eau.
Sur L’Os à Voile, nous pouvons donc parler très sérieusement d’un nœud de chaise, d’une dérive, d’un foc ou d’un aviron… tout en admettant qu’un marin qui prétend n’avoir jamais commis de manœuvre ridicule est probablement resté au port.
Comme aurait pu le rappeler Pierre Dac, un bateau qui ne prend jamais l’eau est peut-être simplement un bateau qui n’en approche pas.
Petits bateaux et grandes aventures
Nos embarcations n’ont pas besoin de traverser l’Atlantique pour nous offrir des aventures. Il suffit parfois d’un lac, d’un étang, d’une rivière ou d’un morceau de côte. Un pique-nique dans une ile que l’on distingue sans jumelles de la côte, une voile dans le vent, deux avirons à portée de main et une météo suffisamment indécise pour maintenir l’équipage en éveil.
Les tout petits voiliers ont cette qualité merveilleuse : ils ramènent la navigation à une échelle humaine. On les pousse, on les tire, on les répare, on les améliore et, certains jours, on leur parle. Ils répondent rarement, mais cela vaut peut-être mieux.
Ils favorisent également les rencontres. Sur une cale ou au bord d’une grève, il suffit d’un gréement inhabituel, d’un détail de construction ou d’une manœuvre légèrement acrobatique pour engager la conversation. Les conseils circulent, les histoires aussi, et les navigations passées deviennent vite plus belles à mesure qu’on les raconte.
Merci, Pierre Dac
Ce blog porte donc un nom qui est à la fois un clin d’œil et un salut respectueux.
N’oublions pas qu’après avoir gagné Londres en 1943, Pierre Dac rejoignit l’équipe de l’émission de la BBC Les Français parlent aux Français. Par ses chroniques, ses chansons et son humour mordant, il ridiculisa la propagande nazie et le régime de Vichy, soutint le moral des Français et encouragea la Résistance. Il devint ainsi l’une des voix les plus célèbres de Radio Londres, menant contre l’occupant une véritable « guerre des ondes ».
S’il ne faut écouter que l’une de ses interventions, c’est celle ci …
Merci à Pierre Dac d’avoir donné au loufoque ses lettres de noblesse. Merci de nous avoir appris que l’absurde pouvait être une forme de lucidité et que l’humour restait une excellente embarcation pour traverser les tempêtes de l’existence.
L’Os à Voile n’est pas L’Os à Moelle. Il en est seulement un très lointain petit cousin nautique, embarqué sur une coque légère, avec une voile couleur cachou, quelques bouts qui traînent et, si possible, Raoul installé à l’avant et Maman qui ronchonne à la barre…
Ici, nous continuerons donc à parler de petits bateaux, de navigations, de rassemblements, de bricolages, de réussites et de déconvenues. Nous essaierons de le faire sérieusement, mais jamais solennellement.
Car en mer comme ailleurs, rien ne sert d’avoir le pied marin si l’on perd le sens de l’humour.

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Bonjour je me suis abonné à l’os à voile en clin d’oeil à Pierre Dac que j’adore. je suis également passionné de voile avec mon petit 6m en bois de ma fabrication
Cordialement
Merci pour votre message ! En espérant vous rencontrer sur l’eau . Votre bateau c’est un modèle connu ?