Ceux que cela intéresse retrouveront en feuilletant les pages de l’Os l’origine de mes kayaks et en particulier du Nomad de Bic. Comment j’ai exploré la planète gonflable avec le Gumotex puis le Yakkair one puis le prototype du Nomad que m’avait envoyé Andy… Les temps a bien passé. Ensuite toute les aventures avec le couplage vélo kayak, la remorque Chubby et tutti quanti.
Je reviens juste sur mon Nomad qui est un des derniers disponibles sur le marché que je suis allé chercher dans le sud. Le plancher de mon premier Nomad ayant rendu l’âme et dans l’impossibilité de le remplacer. Feuilletez, vous trouverez tout ceci si le coeur vous en dit.
Donc venons-en aux améliorations que j’ai apportées sur ce kayak.
Ca c’est le petit chariot que j’ai simplifié pour les portages, ici il est encore en place sur la remorqueet là c’est quand il est en place sur le kayak en navigation : rapide un mousqueton et deux tendeurs.
La voile : je me suis déjà expliqué sur le sujet. Sur un kayak ou un canoë, si l’on veut vraiment utiliser la voile comme mode de propulsion, il convient d’y mettre les moyens ce qui suppose : un gréement digne de ce nom avec espars, voiles, dérives, accastillage. C’est possible mais plus compliqué à mettre en oeuvre. C’est ce que je fais avec mon Klepper. Ici on se contente d’une solution légère et mise en place en quelques clics : à savoir une voile utilisable uniquement aux allures portantes. C’est la voile Bic pliable comme les « tentes deux secondes » de D4…
voile dépliéeVoile juste posée : protège des coups de soleil sur les guiboles !Et sinon pliée sur le pontage, coincée dans l’élastique qui va bien
Bon ensuite, on peut évidemment pagayer mais le petit moteur Torqeedo est un supplétif des plus agréable ! Silencieux, peu gourmand en énergie il permet des heures de navigation le nez au vent à observer les oiseaux et tout l’environnement …
J’ai donc fabriqué un « safran-moteur » A noter : une fois relevé, l’hélice sort de l’eau et il reste assez de safran pour diriger le bateau.Un taquet sur le coté permet de relever le safran et de le maintenir relevéUn détail : les deux tubes coudés, pas très jolis il est vrai, évitent au safran de se coincer à plus de 90 ° en cas de coup de palonnier intempestif ! Donc le palonnier en question qui permet de diriger le bateau sans problème
Voilà donc les « accessoires » rajoutés qui me permettent une navigation facile, légère et sans problème : pagaie, voile, moteur. La remorque de route n’est pas nécessaire, tout peut être sorti des sacs et mis en place au bord de l’eau.
Simplement pour gonfler un accessoire bien utile :
Gonfleur electrique : golfe à la pression demandée (3,5 PSI pour les boudins , 6,5 PSI pour le plancher et la quille. Un seul inconvénient : très bruyant quand il monte en pression
Le Rhône en Nomad, ou les plaisirs de la petite navigation
C’est cet été, en traversant la France avec le bateau, que l’idée avait refait surface. Pourquoi ne pas profiter de nos étapes pour aller explorer quelques rivières ? Après tout, les campings offrant un accès direct à l’eau ne manquent pas. Encore faut-il qu’il y ait de l’eau ! Car cet été, nombre de cours d’eau semblaient avoir pris leurs vacances avant nous. Sans être tout à fait à sec, certains affichaient un étiage qui n’invitait guère à l’aventure.
Alors, plutôt que de mettre Venexiana à l’eau, pourquoi ne pas réveiller le Nomad, mon kayak gonflable, qui sommeillait depuis deux bonnes saisons ?
Je dois avouer quelques appréhensions au moment de ressortir la pompe. Après une aussi longue hibernation, dans quel état allais-je retrouver mon embarcation ? Mais non, tout allait bien. Le bateau à vent a retrouvé ses formes sans rechigner, et deux jours plus tard, il n’avait pas perdu une bouffée d’air. Une belle preuve de fidélité pour un compagnon qu’on avait un peu délaissé !
Je me suis donc livré à une revue de détail, retrouvant au passage les aménagements et améliorations que j’avais réalisés autrefois. Le palonnier, le safran moteur, la voile… Tout a rapidement retrouvé sa place, comme si ces deux années d’inactivité n’avaient été qu’une parenthèse.
Et puis, cerise sur le gâteau, j’avais conservé la remorque du Skerry. Voilà qui allait m’éviter les fastidieuses séances de gonflage et de dégonflage à chaque sortie. Certes, un kayak gonflable n’est pas vraiment conçu pour voyager sur une remorque, mais pour deux petits kilomètres entre la maison et le fleuve, on pouvait bien lui accorder cette fantaisie.
C’était compter sans les caprices de la remorque, qui avait passé un peu trop de temps à méditer sur les intempéries. Quelques problèmes de feux de signalisation, rien de bien méchant, mais suffisamment pour me faire manquer la dernière belle journée ensoleillée annoncée par la météo.
C’est donc sous un ciel couvert, mais heureusement sans pluie, que j’ai retrouvé mon terrain de jeu favori : le Rhône.
La mise à l’eau au bord de l’ancien bassin de joutes de ChavanayLa cale
La mise à l’eau se fait à Chavanay, en bordure de la ViaRhôna. L’endroit est particulièrement commode : on peut stationner facilement et la cale, habituellement fréquentée surtout par les pêcheurs, permet de rejoindre le fleuve sans difficulté. Un petit coin tranquille où commence, à deux pas de chez soi, l’impression de partir en voyage.
Les piles de l’ancien pont sur le Rhône
Sur l’eau, presque personne. Deux grosses péniches seulement, qui poursuivent leur route avec cette majesté un peu indifférente des géants du fleuve.
J’ai d’ailleurs pris l’habitude d’emporter un petit miroir, ancien rétroviseur de vélo reconverti dans la marine fluviale. Il me permet de surveiller ce qui arrive dans mon dos sans devoir me dévisser le cou à chaque instant. Car ces mastodontes ont ceci de particulier qu’on ne les entend souvent qu’au dernier moment. Une discrétion assez paradoxale pour des engins de cette taille !
Je remonte donc tranquillement le Rhône, accompagné d’une foule de hérons, de cygnes et d’autres habitants ailés des berges. Les oiseaux semblent régner en maîtres sur ce paysage de fin d’été, indifférents à mon passage. Certains s’envolent avec une dignité offensée, d’autres me regardent passer comme si j’étais un drôle d’animal aquatique.
C’est fou le nombre de hérons que j’ai pu croiser !Des rives encore un peu sauvages …
En cette saison, le courant est modéré. Le fleuve a retrouvé son calme et ne charrie plus ces troncs et autres débris qui, lors des crues, rappellent qu’il peut aussi montrer un caractère beaucoup moins accommodant.
J’ai bien emporté ma voile, naturellement. Mais le petit vent du sud, pourtant de la bonne direction, se montre d’une timidité désespérante. À peine quelques risées pour frissonner à la surface de l’eau, pas de quoi faire avancer sérieusement le Nomad.
A la voile !
C’est donc le Torqeedo qui prend le relais. Après tout, cette sortie a aussi un objectif bassement technique : ramener la charge de la batterie aux environs de 60 % en prévision de l’hivernage. Il faut bien trouver de nobles justifications à nos envies de naviguer !
Saint Alban, ce n’est pas seulement une centrale nucléaire, c’est aussi un joli village.
Mais ce petit moteur électrique possède une qualité précieuse : il sait se faire oublier. Presque aucun bruit, aucune vibration gênante. On glisse doucement sur l’eau, dans un silence que troublent seulement le clapotis contre la coque, quelques cris d’oiseaux et, de loin en loin, le grondement assourdi de la circulation sur le berges.
Le Rhône déroule ses rives, les arbres commencent à prendre leurs couleurs d’automne et les collines du Pilat veillent sur le fleuve. On n’est pas en mer, on ne court aucun grand raid, on ne cherche ni record ni performance. On est simplement là, au ras de l’eau, à savourer ce privilège de naviguer sans autre destination que le plaisir d’être sur l’eau.
Et finalement, n’est-ce pas aussi cela, la petite plaisance ?
Le jour décline doucement lorsque je fais demi-tour. La lumière se fait plus douce, les berges s’assombrissent et le fleuve prend ces teintes un peu mystérieuses qui annoncent le soir.
Il est temps de rentrer !
C’est presque à la nuit tombée que je retrouve la cale de Chavanay, puis mes pénates.
Le Nomad a repris du service, la batterie est prête pour l’hiver, et moi, j’ai retrouvé ce plaisir particulier des petites escapades qui ne mènent pas bien loin, mais qui vous emmènent tout de même ailleurs.
Comme quoi, il n’est pas nécessaire de partir au bout du monde pour avoir le sentiment d’avoir voyagé. Parfois, deux kilomètres et quelques heures sur l’eau suffisent.
Disons que si je voulais vraiment avoiner en bateau, ce n’est probablement pas un Silmaril que j’aurais acquis, mais un machin en plastoc monté sur foils, avec des voiles noires en carbone de l’espace.
OK, j’ai un spi asymétrique et je ne me prive pas de l’envoyer lorsqu’il s’agit de tenter de mettre une petite longueur à mes camarades. Il faut bien conserver un minimum de dignité.
Mais je connais mes limites et je sais que bon nombre de copains sont de bien meilleurs marins que moi, surtout lorsque le vent commence à monter dans les tours et que la mer se met à gigoter, avec de charmants petits moutons carnivores sur les crêtes pour agrémenter le paysage.
Que voulez-vous, je suis un vieux schnock. Un vieux ronchon, si vous préférez. Pour moi, un bon bateau, c’est d’abord un beau bateau. Et un beau bateau, c’est avant tout une coque en forme, avec des courbes, des rondeurs et une silhouette qui donne envie de se retourner sur son passage.
Je sais, j’ai l’esprit de contradiction. Parce que, parallèlement, je suis aussi un geek et j’apprécie l’innovation, la technique et les voiliers capables d’aller très vite. Pourtant, j’ai un mal de chien à me faire aux nouvelles formes de coques et de carènes : les scows, les machins à foils…
C’est un peu comme avec les bâtiments de la Royale. Entre les cuirassés hérissés de canons façon Richelieu et certaines frégates actuelles au profil de fer à repasser furtif…
Et la Coupe de l’America, alors ?
Mais qu’est-ce que c’est devenu que ce cirque volant ?
Des engins qui ressemblent à des avions sans ailes, pilotés par des types casqués qui déboulent à des vitesses invraisemblables en moulinant dans tous les sens… Spectaculaire ? Certainement. Technologiquement fascinant ? Sans aucun doute.
Mais où sont passés les beaux défis ? Les élégants 12 M JI ? Un architecte, un bateau, un équipage, un pays et cette dramaturgie magnifique où l’on pouvait encore entendre :
« Il n’y a pas de second. »
Les petits jeunes chercheront la signification de la phrase.
Alors un voile aviron se doit d’être un minimum « vintage » !
Tout ça pour dire que je suis en train de remplacer, petit à petit, les poulies de Venexiana par des poulies en bois, et certains cordages par du chanvre — ou du simili-chanvre, parce qu’il ne faut tout de même pas pousser l’authenticité jusqu’à naviguer avec les moyens techniques de Christophe Colomb.
Je devrais recevoir d’ici quelques jours le palan commandé à Stefano pour mon écoute de grand-voile. Et je gamberge déjà pour adapter mon ancienne écoute de GV de Pirate du Rhône afin d’en faire un hale-bas.
l’ancien palan de grand-voile de Pirate du RhôneLes poulies de Stefano que je devrais recevoir d’ici quelques jours…
Bref, mon bateau en époxy, avec tout de même un peu de bois au milieu devrait prendre progressivement un air encore plus néo-rétro.
Après, évidemment, on pourrait pousser la logique jusqu’au bout, envoyer la modernité se promener et acheter — ou construire — un Illur en vrai bois d’arbre, avec des voiles en coton, des cordages qui sentent le goudron et juste ce qu’il faut d’eau dans les fonds pour rappeler qu’on navigue sur un bateau traditionnel .
Un des derniers rendez vous pour nos voile avirons. L’occasion de voir le Lac du Der en Champagne sous un aspect insolite.
Indépendamment de la sécheresse ambiante, le niveau du lac est progressivement abaissé pour l’hiver. L’automne c’est aussi la période de migration des grues qui quittent l’Europe pour l’Afrique et qui choisissent ce lieu humide pour une pause avant le grand voyage.
Si vous souhaitez participer : laisser un commentaire pour que l’on puisse vous contacter.
Non mais n’importe quoi ! Il reste de l’eau pour naviguer non de d’la…