Le blog du kayak pliant : retour vers le futur… ou presque !

Archéologie numérique, vieilles casseroles informatiques et résurrection d’un kayak qui n’avait pas dit son dernier mot.

Dans mon précédent article, consacré à mon vieux Klepper, j’évoquais un site Internet que j’avais créé il y a quelques années : « Le blog du kayak pliant ».

L’idée était simple : raconter mes navigations à bord de ce curieux engin démontable, mais aussi profiter des escales pour pousser un peu plus loin l’exploration. Rapporter des anecdotes, déterrer quelques histoires locales, raconter les lieux traversés, bref, ne pas se contenter de dire qu’il faisait beau, que le vent soufflait et que l’eau était mouillée.

Ce blog a connu son petit succès. Et puis, comme beaucoup de choses sur Internet, il a fini par disparaître des écrans.

Enfin… disparaître, c’est vite dit !

Car figurez-vous que je viens de retrouver ses restes. Et qu’ils bougent encore !

Au commencement était le ZX81…

Des sites Internet et des blogs, j’en ai eu une belle collection. Il faut dire que je me suis jeté dans la marmite informatique alors qu’Internet n’était encore qu’une curiosité réservée à quelques initiés.

On parle du siècle dernier, les enfants !

Je vous épargnerai le Minitel connecté à l’ordinateur, les premières expériences de communication entre machines et les longues soirées passées à tenter de faire fonctionner des trucs qui, aujourd’hui, feraient sourire une cafetière connectée.

Les anciens se souviendront peut-être du mythique Sinclair ZX81. J’en avais un, avec son extension mémoire de 16 Ko, s’il vous plaît ! À l’époque, c’était presque de la débauche technologique. De quoi envisager sérieusement la conquête de Mars, à condition de ne pas trop charger le programme. On se bornait surtout à recopier laborieusement des programmes en BASIC qui paraissaient dans Sciences et Vie et à les enregistrer sur un magnétophone à cassettes !

Mais passons sur les machines, leurs caprices et les interminables querelles entre Macintosh et Windows. Une sorte de guerre Peugeot-Renault transposée dans l’informatique, avec des supporters tout aussi convaincus de détenir la vérité.

Revenons à nos sites.

Des GIF qui clignotent et des pages qui gigotent

Aux premiers temps du Web, fabriquer un site consistait à assembler des pages HTML, à y coller des images, des textes et, surtout, des GIF animés.

Ah, les GIF animés ! Ces petits chefs-d’œuvre du mauvais goût numérique : enveloppes qui tournoyaient, panneaux « En construction » clignotants, petits bonshommes qui agitaient des drapeaux… On en mettait partout. Un site sans animation, c’était un peu comme un bateau sans pavillon : il lui manquait quelque chose.

Pour mettre tout cela en ligne, il fallait ensuite passer par un logiciel FTP, chargé d’expédier les fichiers sur un serveur distant.

Et puis sont arrivés les CMS.

Un CMS, pour Content Management System, est un système de gestion de contenu. Derrière cette appellation peu engageante se cache une idée géniale : pouvoir fabriquer et administrer un site directement depuis son navigateur, sans avoir à tripoter du code à chaque nouvel article.

Une petite installation au départ, quelques réglages, et roule ma poule !

J’ai rapidement adopté un outil français baptisé SPIP. Un logiciel libre, plutôt bien fichu, qui permettait de construire des sites complets et de publier des articles sans se transformer en programmeur professionnel.

Et là, évidemment, je me suis emballé.

Des sites à la pelle !

Dans mes différents boulots, pour les associations dont je m’occupais, pour les copains et, bien entendu, pour ma pomme, je me suis mis à pondre des sites Internet comme d’autres fabriquent des confitures.

Il y en avait partout.

Certains ont connu une existence discrète, d’autres une audience plus conséquente.

Parmi ces derniers figurait LVT, « Les Voiliers Transportables », un site qui marchait plutôt bien et qui, comme son nom l’indique, parlait déjà de petits bateaux.

Vous voyez que je n’ai pas beaucoup changé de marotte !

Puis est arrivé « Le blog du kayak pliant », consacré à mon Klepper et à ses aventures sur les mers, les lacs et les rivières.

À côté de cela, j’entretenais également des blogs plus personnels. Bref, je commençais à posséder une véritable flottille de sites, avec les mêmes problèmes que pour les bateaux : il fallait les entretenir, les surveiller et, de temps en temps, écoper.

L’heure du grand rassemblement

Un beau jour, j’ai décidé de rationaliser tout ce petit monde.

Les sites professionnels et associatifs avaient été confiés à leurs nouveaux responsables. Il ne me restait plus que mes productions personnelles.

J’avais alors deux blogs principaux : « Cahier journal », plutôt personnel, et « Hussard ! », consacré à mes activités professionnelles.

Le blog du kayak pliant est donc venu se fondre dans « Cahier journal », où ses articles ont trouvé une nouvelle place.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes numériques.

Jusqu’au jour où j’ai décidé de changer de crémerie.

De SPIP à WordPress : avis de gros temps !

WordPress avait le vent en poupe. Plus moderne, plus répandu, doté d’une quantité impressionnante d’extensions, il offrait de nouvelles possibilités.

J’ai donc décidé d’abandonner SPIP pour passer à WordPress.

Sur le papier, rien de bien compliqué. Les deux outils reposent sur des principes similaires. Il suffisait, pensais-je naïvement, de récupérer les anciens contenus pour les installer dans leur nouvelle maison.

Erreur fatale !

Car un site de ce genre, ce n’est pas seulement une collection de pages. Les textes, les titres, les dates, les auteurs et bien d’autres informations sont conservés dans une base de données, généralement MySQL.

Quant à la mécanique qui fait tourner l’ensemble, elle repose notamment sur un langage appelé PHP. (au passage si vous lisez les journaux, le PHP s’est pris un coup sur la courge ces derniers jours).

Je rassure immédiatement les lecteurs allergiques à l’informatique : je ne vais pas vous infliger un cours de programmation, pour la bonne raison que j’en serais bien incapable !.

Disons simplement que j’avais d’un côté une cargaison de vieux articles, de l’autre un bateau flambant neuf, et qu’aucune des passerelles que j’essayais d’installer entre les deux ne voulait tenir en place.

J’ai bricolé, testé, bidouillé, juré un peu aussi.

Rien à faire.

Finalement, j’ai décidé de repartir sur des bases nouvelles, tout en conservant les anciens sites SPIP accessibles en archives.

Après tout, ils fonctionnaient encore. Pourquoi s’inquiéter ?

Ah ! La belle question…

Quand le progrès vous laisse sur le quai

Les années ont passé.

Les serveurs ont évolué, les versions de PHP ont changé, les logiciels ont été mis à jour et les vieilles installations SPIP ont commencé à tousser.

Puis à crachoter.

Puis à rendre l’âme.

Un beau jour, mes anciens sites sont devenus inaccessibles.

J’ai bien tenté quelques opérations de sauvetage. Remettre les mains dans le PHP, rechercher d’anciennes versions de SPIP, modifier des paramètres, réinstaller des fichiers…

Autant essayer de faire démarrer une vieille voiture avec une manivelle qui n’est pas du bon modèle.

À chaque tentative, même résultat : râteau !

J’ai fini par laisser tomber. Les vieux sites étaient partis rejoindre le cimetière des épaves numériques, quelque part entre les disquettes souples, les modems qui couinaient et les lecteurs de CD-ROM.

Du moins, c’est ce que je croyais.

Une épave au fond de MySQL

Car voici que, récemment, en évoquant mon Klepper et son ancien blog, l’idée m’est venue d’aller fouiller une nouvelle fois dans les entrailles de mes anciens hébergements.

Un peu comme lorsqu’on retourne dans un vieux grenier en espérant retrouver une boîte de photographies oubliée.

Et là, surprise !

Si les anciens sites sont définitivement incapables d’afficher leurs pages, leur base de données MySQL est toujours là !

Et dans cette base, soigneusement rangés dans des tables aux noms peu poétiques, dorment les textes de mes anciens articles.

Ceux du blog du kayak pliant, notamment.

Autrement dit, le bateau a coulé, le pont a disparu, les voiles sont parties en lambeaux, mais une bonne partie de la cargaison est toujours dans la cale !

Il suffit d’aller la chercher.

Bon, je dis « il suffit », mais ce n’est pas tout à fait aussi simple que d’ouvrir une boîte de sardines.

Les textes sont là, certes, mais il faut les retrouver, les extraire, reconstituer leur présentation, retrouver si possible les illustrations et remettre un peu d’ordre dans tout ce bazar.

Un véritable travail d’archéologie numérique.

Avec, pour tout pinceau et petite truelle, quelques outils informatiques et une bonne dose de patience.

Retour vers le futur, cap sur le passé !

Et voilà où je voulais en venir.

Puisque j’ai retrouvé ces vieux textes, pourquoi les laisser moisir au fond d’une base de données ?

J’ai donc décidé de remettre en marche la machine à remonter le temps.

De temps en temps, sur L’os à Voile, je vais ressortir un article du blog du kayak pliant. Un récit de navigation, une escale, une découverte, une anecdote ou quelque autre histoire rapportée de mes pérégrinations à bord du Klepper.

Je les accompagnerai, lorsque ce sera possible, de leurs illustrations d’origine, de nouvelles images et de quelques commentaires rédigés avec le recul des années.

Car il est parfois amusant de relire ce qu’on écrivait autrefois. On y retrouve des lieux, des rencontres, des enthousiasmes, des certitudes aussi… dont certaines ont pris un sérieux coup de vieux.

Et puis il y a cette drôle d’impression de retrouver un ancien compagnon de route, un peu poussiéreux, mais toujours prêt à raconter ses histoires.

Finalement, ce Klepper n’en finit pas de naviguer.

Après avoir traversé des mers, descendu des rivières et parcouru des milliers de kilomètres, le voilà maintenant qui s’apprête à explorer les profondeurs d’une base MySQL.

Un kayak pliant dans les méandres de l’informatique : avouez que, pour un bateau démontable, c’est une reconversion plutôt inattendue !

Allez, on ouvre les archives, on secoue la poussière, on remet les pagaies à bord…

Et en avant pour quelques navigations dans le siècle dernier !

Cède machine à explorer, découvrir et rêver…

À VENDRE : KLEPPER, MACHINE À RÊVES, GRAND VOYAGEUR CHERCHE NOUVEAU CAPITAINE !

photo prise le 14 octobre 2026

Toutes les photos prises le 14 octobre 2026 à l’occasion d’une revue générale

Il a traversé des BRAS de mers, remonté des fleuves, pris l’avion et vu du pays. Aujourd’hui, il cherche quelqu’un pour écrire la suite de son histoire.

Costa Brava en Espagne

Il est des séparations plus difficiles que d’autres. Celle-ci en fait partie.

Après des années de bons et loyaux services, je me résous à mettre en vente mon Klepper, kayak pliant à voile, vétéran des mers et infatigable collectionneur de souvenirs.

Et des souvenirs, celui-là en a plein les membrures !

Son carnet de navigation ferait pâlir d’envie bien des voiliers beaucoup plus prétentieux.

La mer Égée, la mer Noire, l’Adriatique, la mer de Marmara, la Costa Brava, la lagune de Venise… Il a fréquenté les côtes françaises, les pertuis rochelais, l’île de Ré, le Fier d’Ars. Il a navigué sur les lacs de France et d’Anatolie, exploré des fleuves et des rivières, de la Kızılırmak — la rivière Rouge de Cappadoce — jusqu’aux arches du château de Chenonceau. Il a goûté aux eaux de la Loire et, bien entendu, à celles du Rhône.

Et j’en oublie certainement !

Neuvic lac de la Triouzoune

Un vrai bateau de voyage. Avec cette particularité assez rare : il pouvait prendre l’avion dans ses bagages !

Tout a commencé à Ankara…

À l’époque, coincé pour raisons professionnelles sur le plateau anatolien, je cherchais désespérément un moyen de naviguer. La solution est arrivée sous la forme d’un Klepper : un kayak pliant, transportable en avion, capable de se transformer en véritable bateau une fois assemblé.

Très vite, le kayak s’est vu équipé d’un gréement, puis de portants stabilisateurs. Le paisible kayak devenait un petit voilier, capable de m’emmener beaucoup plus loin que prévu.

Il a même connu son heure de gloire sur Internet avec son propre site, « Le Blog du Kayak Pliant », qui rassemblait à l’époque une jolie communauté de lecteurs.

Venise !

Alors, dans quel état est ce vieux baroudeur ?

Soyons clairs : ce n’est pas un bateau qui a passé sa vie dans un garage sous une housse immaculée.

Il a navigué. Beaucoup. Et cela se voit.

Mais il a aussi été entretenu et réparé au fil de ses aventures.

  • L’ossature en bois est en parfait état. Un couple, endommagé lors d’une de mes toutes premières navigations en Turquie, a été remplacé.
  • La peau en Hypalon est toujours étanche. Elle porte les traces de son histoire : rustines, applications de caoutchouc liquide et petites interventions destinées à préserver son étanchéité. En réalité, elle n’a connu qu’une véritable perforation, au tout début de sa carrière. Cela ne l’a pas empêché de naviguer pendant bien des années.
  • Le gréement et les portants stabilisateurs sont présents. Tout l’équipement qui a permis de transformer ce kayak en petit voilier fait partie de l’aventure.

Bref, il ne sort pas d’une vitrine, mais il n’a pas dit son dernier mot !

Une occasion rare : tout est là !

Ceux qui connaissent les kayaks pliants Klepper savent qu’il ne s’agit pas de jouets bon marché.

Acheter aujourd’hui un kayak pliant, lui ajouter un gréement, des stabilisateurs et réunir tous les équipements nécessaires à la navigation représenterait un budget conséquent.

Ici, l’ensemble existe déjà. Il a été équipé, adapté, optimisé et surtout longuement éprouvé sur l’eau.

Pour celui qui aime bricoler, améliorer et personnaliser son bateau, il existe même une autre perspective : lui offrir un véritable refit, comme disent les gens de mer qui aiment les mots anglais.

Une peau neuve chez Klepper, pourquoi pas de nouvelles voiles taillées sur mesure, et voilà notre vétéran prêt à retrouver une seconde jeunesse.

Mais ce n’est nullement une obligation pour commencer à profiter du bateau.

Pourquoi le vendre, alors ?

C’est la question qui fâche.

Parce que les années passent, que les habitudes changent et qu’il faut parfois se résoudre à faire de la place.

Aujourd’hui, Venexiana monopolise l’essentiel de nos sorties nautiques. Et pour les escapades improvisées, il me reste le Nomad, mon kayak gonflable, léger et rapidement mis à l’eau.

Ajoutons que naviguer à trois, avec Raoul, notre chien, à bord du Klepper, relève désormais davantage de la partie de Tetris que de la croisière contemplative.

Alors plutôt que de le laisser attendre une hypothétique prochaine aventure, je préfère le confier à quelqu’un qui saura lui redonner le goût du large.

À qui s’adresse ce bateau ?

À un amoureux des bateaux qui ont une âme.

À un navigateur curieux qui préfère les criques désertes aux marinas bondées.

À un voyageur qui rêve d’emporter son embarcation là où les autres ne peuvent pas emmener la leur.

À un amateur de voile légère, de kayak, de bivouacs et de liberté.

A quelqu’un qui ne dispose que de peu d’espace pour pour stocker un bateau… Combien de fois l’ai monté dans le salon d’un appartement pour bricoler le soir après le boulot…

Sur le balcon à Ankara !

Ou simplement à quelqu’un qui comprend qu’un bateau n’a pas besoin de mesurer dix mètres pour vous emmener au bout du monde.

Ce Klepper a déjà traversé plusieurs bras de mer, navigué sur deux continents et vécu plus d’aventures que bien des bateaux flambant neufs.

Il lui reste certainement de belles histoires à écrire.

Seulement, cette fois, ce ne sera plus avec moi.

À vendre donc : un Klepper, son gréement, ses stabilisateurs, ses rides, ses souvenirs… et un sérieux potentiel d’évasion.

Les souvenirs, je les garde. Le bateau, je le transmets.

Prix : 2 000 euros — Renseignements et photos complémentaires sur demande.

PS : Il n’a jamais demandé à prendre sa retraite. C’est moi qui ai décidé à sa place. Et je ne suis pas certain qu’il soit d’accord.

Inventaire :

  • Klepper Aerius II (09/08/2002)
  • Deux pagaies doubles démontables en bois origine Klepper
  • Une pagaie simple en fibre
  • gréement Klepper : mat, bôme pic, grand voile, foc, dérives latérales + spi asymétrique
  • portants gonflables (importés du Canada)
  • pontage Klepper bi place
  • pontage Klepper mono place
  • chariot de transport pliable
  • sacs de transport
  • Un safran spécial permettant d’adapter un moteur Torqeedo est fourni en plus du safran d’origine mais, le moteur n’est pas inclus dans la vente.

Photos prises le 14 octobre 2026 à l’occasion d’une revue générale

L’affaire est dans le sac … 3 sacs pour le kayak proprement dit – 1 sac gréement – 1 sac portant – 1 sac pour les jupes (peuvent être casées dans un des sac gréement ou portants- chariot

Les nouvelles poulies de Venexiana sont arrivées !

J’ai bien reçu les poulies que j’avais commandées à Stefano.

DHL a été efficace : prise en charge chez Stefano le mardi matin à Osimo près d’Ancone en Italie, elles sont livrées le mercredi à 11h à Saint Michel !

Pas de surprise au déballage, elles sont bien conformes à la description !

Tout juste sorties du carton !

Pour aller jusqu’au bout il me fallait ensuite changer le cordage « moderne » par un modèle en chanvre, tout en conservant confort et solidité.

Direction la corderie Gautier. Je m’étais déjà fourni auprès de cette maison mais, une information avait circulé indiquant la mise en liquidation de la société. Comme le site internet était toujours bien en ligne, j’ai passé un coup de fil et l’on m’a assuré que la corderie n’avait pas filé un mauvais coton.

Résultat : commande et réception en 24 h !

Et donc voilà ce que ça donne sur le bateau :

Voilà, je vais compléter l’équipement avec un palan plus petit pour le hâle-bas, Stefano est capable de faire du sur mesure à la demande.


Pour ceux qui seraient intéressés : on peut contacter Sefano Guazzaroni par mail (il répond en français) : stefano.guazzaroni@hotmail.it on peut aussi voir ses créations sur Facebook : https://www.facebook.com/stefano.guazzaroni

Et la corderie Gautier a toujours son site actif !

Revue de détail du Nomad

Ceux que cela intéresse retrouveront en feuilletant les pages de l’Os l’origine de mes kayaks et en particulier du Nomad de Bic. Comment j’ai exploré la planète gonflable avec le Gumotex puis le Yakkair one puis le prototype du Nomad que m’avait envoyé Andy… Les temps a bien passé. Ensuite toute les aventures avec le couplage vélo kayak, la remorque Chubby et tutti quanti.

Je reviens juste sur mon Nomad qui est un des derniers disponibles sur le marché que je suis allé chercher dans le sud. Le plancher de mon premier Nomad ayant rendu l’âme et dans l’impossibilité de le remplacer. Feuilletez, vous trouverez tout ceci si le coeur vous en dit.

Donc venons-en aux améliorations que j’ai apportées sur ce kayak.

Ca c’est le petit chariot que j’ai simplifié pour les portages, ici il est encore en place sur la remorque
et là c’est quand il est en place sur le kayak en navigation : rapide un mousqueton et deux tendeurs.

La voile : je me suis déjà expliqué sur le sujet. Sur un kayak ou un canoë, si l’on veut vraiment utiliser la voile comme mode de propulsion, il convient d’y mettre les moyens ce qui suppose : un gréement digne de ce nom avec espars, voiles, dérives, accastillage. C’est possible mais plus compliqué à mettre en oeuvre. C’est ce que je fais avec mon Klepper. Ici on se contente d’une solution légère et mise en place en quelques clics : à savoir une voile utilisable uniquement aux allures portantes. C’est la voile Bic pliable comme les « tentes deux secondes » de D4…

voile dépliée
Voile juste posée : protège des coups de soleil sur les guiboles !
Et sinon pliée sur le pontage, coincée dans l’élastique qui va bien

Bon ensuite, on peut évidemment pagayer mais le petit moteur Torqeedo est un supplétif des plus agréable ! Silencieux, peu gourmand en énergie il permet des heures de navigation le nez au vent à observer les oiseaux et tout l’environnement …

J’ai donc fabriqué un « safran-moteur » A noter : une fois relevé, l’hélice sort de l’eau et il reste assez de safran pour diriger le bateau.
Un taquet sur le coté permet de relever le safran et de le maintenir relevé
Un détail : les deux tubes coudés, pas très jolis il est vrai, évitent au safran de se coincer à plus de 90 ° en cas de coup de palonnier intempestif !
Donc le palonnier en question qui permet de diriger le bateau sans problème

Voilà donc les « accessoires » rajoutés qui me permettent une navigation facile, légère et sans problème : pagaie, voile, moteur. La remorque de route n’est pas nécessaire, tout peut être sorti des sacs et mis en place au bord de l’eau.

Simplement pour gonfler un accessoire bien utile :

Gonfleur electrique : golfe à la pression demandée (3,5 PSI pour les boudins , 6,5 PSI pour le plancher et la quille. Un seul inconvénient : très bruyant quand il monte en pression

On the Rhône again, again !

Le Rhône en Nomad, ou les plaisirs de la petite navigation

C’est cet été, en traversant la France avec le bateau, que l’idée avait refait surface. Pourquoi ne pas profiter de nos étapes pour aller explorer quelques rivières ? Après tout, les campings offrant un accès direct à l’eau ne manquent pas. Encore faut-il qu’il y ait de l’eau ! Car cet été, nombre de cours d’eau semblaient avoir pris leurs vacances avant nous. Sans être tout à fait à sec, certains affichaient un étiage qui n’invitait guère à l’aventure.

Alors, plutôt que de mettre Venexiana à l’eau, pourquoi ne pas réveiller le Nomad, mon kayak gonflable, qui sommeillait depuis deux bonnes saisons ?

Je dois avouer quelques appréhensions au moment de ressortir la pompe. Après une aussi longue hibernation, dans quel état allais-je retrouver mon embarcation ? Mais non, tout allait bien. Le bateau à vent a retrouvé ses formes sans rechigner, et deux jours plus tard, il n’avait pas perdu une bouffée d’air. Une belle preuve de fidélité pour un compagnon qu’on avait un peu délaissé !

Je me suis donc livré à une revue de détail, retrouvant au passage les aménagements et améliorations que j’avais réalisés autrefois. Le palonnier, le safran moteur, la voile… Tout a rapidement retrouvé sa place, comme si ces deux années d’inactivité n’avaient été qu’une parenthèse.

Et puis, cerise sur le gâteau, j’avais conservé la remorque du Skerry. Voilà qui allait m’éviter les fastidieuses séances de gonflage et de dégonflage à chaque sortie. Certes, un kayak gonflable n’est pas vraiment conçu pour voyager sur une remorque, mais pour deux petits kilomètres entre la maison et le fleuve, on pouvait bien lui accorder cette fantaisie.

C’était compter sans les caprices de la remorque, qui avait passé un peu trop de temps à méditer sur les intempéries. Quelques problèmes de feux de signalisation, rien de bien méchant, mais suffisamment pour me faire manquer la dernière belle journée ensoleillée annoncée par la météo.

C’est donc sous un ciel couvert, mais heureusement sans pluie, que j’ai retrouvé mon terrain de jeu favori : le Rhône.

La mise à l’eau se fait à Chavanay, en bordure de la ViaRhôna. L’endroit est particulièrement commode : on peut stationner facilement et la cale, habituellement fréquentée surtout par les pêcheurs, permet de rejoindre le fleuve sans difficulté. Un petit coin tranquille où commence, à deux pas de chez soi, l’impression de partir en voyage.

Les piles de l’ancien pont sur le Rhône

Sur l’eau, presque personne. Deux grosses péniches seulement, qui poursuivent leur route avec cette majesté un peu indifférente des géants du fleuve.

J’ai d’ailleurs pris l’habitude d’emporter un petit miroir, ancien rétroviseur de vélo reconverti dans la marine fluviale. Il me permet de surveiller ce qui arrive dans mon dos sans devoir me dévisser le cou à chaque instant. Car ces mastodontes ont ceci de particulier qu’on ne les entend souvent qu’au dernier moment. Une discrétion assez paradoxale pour des engins de cette taille !

Je remonte donc tranquillement le Rhône, accompagné d’une foule de hérons, de cygnes et d’autres habitants ailés des berges. Les oiseaux semblent régner en maîtres sur ce paysage de fin d’été, indifférents à mon passage. Certains s’envolent avec une dignité offensée, d’autres me regardent passer comme si j’étais un drôle d’animal aquatique.

Des rives encore un peu sauvages …

En cette saison, le courant est modéré. Le fleuve a retrouvé son calme et ne charrie plus ces troncs et autres débris qui, lors des crues, rappellent qu’il peut aussi montrer un caractère beaucoup moins accommodant.

J’ai bien emporté ma voile, naturellement. Mais le petit vent du sud, pourtant de la bonne direction, se montre d’une timidité désespérante. À peine quelques risées pour frissonner à la surface de l’eau, pas de quoi faire avancer sérieusement le Nomad.

A la voile !

C’est donc le Torqeedo qui prend le relais. Après tout, cette sortie a aussi un objectif bassement technique : ramener la charge de la batterie aux environs de 60 % en prévision de l’hivernage. Il faut bien trouver de nobles justifications à nos envies de naviguer !

Saint Alban, ce n’est pas seulement une centrale nucléaire, c’est aussi un joli village.

Mais ce petit moteur électrique possède une qualité précieuse : il sait se faire oublier. Presque aucun bruit, aucune vibration gênante. On glisse doucement sur l’eau, dans un silence que troublent seulement le clapotis contre la coque, quelques cris d’oiseaux et, de loin en loin, le grondement assourdi de la circulation sur le berges.

Le Rhône déroule ses rives, les arbres commencent à prendre leurs couleurs d’automne et les collines du Pilat veillent sur le fleuve. On n’est pas en mer, on ne court aucun grand raid, on ne cherche ni record ni performance. On est simplement là, au ras de l’eau, à savourer ce privilège de naviguer sans autre destination que le plaisir d’être sur l’eau.

Et finalement, n’est-ce pas aussi cela, la petite plaisance ?

Le jour décline doucement lorsque je fais demi-tour. La lumière se fait plus douce, les berges s’assombrissent et le fleuve prend ces teintes un peu mystérieuses qui annoncent le soir.

Il est temps de rentrer !

C’est presque à la nuit tombée que je retrouve la cale de Chavanay, puis mes pénates.

Le Nomad a repris du service, la batterie est prête pour l’hiver, et moi, j’ai retrouvé ce plaisir particulier des petites escapades qui ne mènent pas bien loin, mais qui vous emmènent tout de même ailleurs.

Comme quoi, il n’est pas nécessaire de partir au bout du monde pour avoir le sentiment d’avoir voyagé. Parfois, deux kilomètres et quelques heures sur l’eau suffisent.