Le blog du kayak pliant : retour vers le futur… ou presque !

Archéologie numérique, vieilles casseroles informatiques et résurrection d’un kayak qui n’avait pas dit son dernier mot.

Dans mon précédent article, consacré à mon vieux Klepper, j’évoquais un site Internet que j’avais créé il y a quelques années : « Le blog du kayak pliant ».

L’idée était simple : raconter mes navigations à bord de ce curieux engin démontable, mais aussi profiter des escales pour pousser un peu plus loin l’exploration. Rapporter des anecdotes, déterrer quelques histoires locales, raconter les lieux traversés, bref, ne pas se contenter de dire qu’il faisait beau, que le vent soufflait et que l’eau était mouillée.

Ce blog a connu son petit succès. Et puis, comme beaucoup de choses sur Internet, il a fini par disparaître des écrans.

Enfin… disparaître, c’est vite dit !

Car figurez-vous que je viens de retrouver ses restes. Et qu’ils bougent encore !

Au commencement était le ZX81…

Des sites Internet et des blogs, j’en ai eu une belle collection. Il faut dire que je me suis jeté dans la marmite informatique alors qu’Internet n’était encore qu’une curiosité réservée à quelques initiés.

On parle du siècle dernier, les enfants !

Je vous épargnerai le Minitel connecté à l’ordinateur, les premières expériences de communication entre machines et les longues soirées passées à tenter de faire fonctionner des trucs qui, aujourd’hui, feraient sourire une cafetière connectée.

Les anciens se souviendront peut-être du mythique Sinclair ZX81. J’en avais un, avec son extension mémoire de 16 Ko, s’il vous plaît ! À l’époque, c’était presque de la débauche technologique. De quoi envisager sérieusement la conquête de Mars, à condition de ne pas trop charger le programme. On se bornait surtout à recopier laborieusement des programmes en BASIC qui paraissaient dans Sciences et Vie et à les enregistrer sur un magnétophone à cassettes !

Mais passons sur les machines, leurs caprices et les interminables querelles entre Macintosh et Windows. Une sorte de guerre Peugeot-Renault transposée dans l’informatique, avec des supporters tout aussi convaincus de détenir la vérité.

Revenons à nos sites.

Des GIF qui clignotent et des pages qui gigotent

Aux premiers temps du Web, fabriquer un site consistait à assembler des pages HTML, à y coller des images, des textes et, surtout, des GIF animés.

Ah, les GIF animés ! Ces petits chefs-d’œuvre du mauvais goût numérique : enveloppes qui tournoyaient, panneaux « En construction » clignotants, petits bonshommes qui agitaient des drapeaux… On en mettait partout. Un site sans animation, c’était un peu comme un bateau sans pavillon : il lui manquait quelque chose.

Pour mettre tout cela en ligne, il fallait ensuite passer par un logiciel FTP, chargé d’expédier les fichiers sur un serveur distant.

Et puis sont arrivés les CMS.

Un CMS, pour Content Management System, est un système de gestion de contenu. Derrière cette appellation peu engageante se cache une idée géniale : pouvoir fabriquer et administrer un site directement depuis son navigateur, sans avoir à tripoter du code à chaque nouvel article.

Une petite installation au départ, quelques réglages, et roule ma poule !

J’ai rapidement adopté un outil français baptisé SPIP. Un logiciel libre, plutôt bien fichu, qui permettait de construire des sites complets et de publier des articles sans se transformer en programmeur professionnel.

Et là, évidemment, je me suis emballé.

Des sites à la pelle !

Dans mes différents boulots, pour les associations dont je m’occupais, pour les copains et, bien entendu, pour ma pomme, je me suis mis à pondre des sites Internet comme d’autres fabriquent des confitures.

Il y en avait partout.

Certains ont connu une existence discrète, d’autres une audience plus conséquente.

Parmi ces derniers figurait LVT, « Les Voiliers Transportables », un site qui marchait plutôt bien et qui, comme son nom l’indique, parlait déjà de petits bateaux.

Vous voyez que je n’ai pas beaucoup changé de marotte !

Puis est arrivé « Le blog du kayak pliant », consacré à mon Klepper et à ses aventures sur les mers, les lacs et les rivières.

À côté de cela, j’entretenais également des blogs plus personnels. Bref, je commençais à posséder une véritable flottille de sites, avec les mêmes problèmes que pour les bateaux : il fallait les entretenir, les surveiller et, de temps en temps, écoper.

L’heure du grand rassemblement

Un beau jour, j’ai décidé de rationaliser tout ce petit monde.

Les sites professionnels et associatifs avaient été confiés à leurs nouveaux responsables. Il ne me restait plus que mes productions personnelles.

J’avais alors deux blogs principaux : « Cahier journal », plutôt personnel, et « Hussard ! », consacré à mes activités professionnelles.

Le blog du kayak pliant est donc venu se fondre dans « Cahier journal », où ses articles ont trouvé une nouvelle place.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes numériques.

Jusqu’au jour où j’ai décidé de changer de crémerie.

De SPIP à WordPress : avis de gros temps !

WordPress avait le vent en poupe. Plus moderne, plus répandu, doté d’une quantité impressionnante d’extensions, il offrait de nouvelles possibilités.

J’ai donc décidé d’abandonner SPIP pour passer à WordPress.

Sur le papier, rien de bien compliqué. Les deux outils reposent sur des principes similaires. Il suffisait, pensais-je naïvement, de récupérer les anciens contenus pour les installer dans leur nouvelle maison.

Erreur fatale !

Car un site de ce genre, ce n’est pas seulement une collection de pages. Les textes, les titres, les dates, les auteurs et bien d’autres informations sont conservés dans une base de données, généralement MySQL.

Quant à la mécanique qui fait tourner l’ensemble, elle repose notamment sur un langage appelé PHP. (au passage si vous lisez les journaux, le PHP s’est pris un coup sur la courge ces derniers jours).

Je rassure immédiatement les lecteurs allergiques à l’informatique : je ne vais pas vous infliger un cours de programmation, pour la bonne raison que j’en serais bien incapable !.

Disons simplement que j’avais d’un côté une cargaison de vieux articles, de l’autre un bateau flambant neuf, et qu’aucune des passerelles que j’essayais d’installer entre les deux ne voulait tenir en place.

J’ai bricolé, testé, bidouillé, juré un peu aussi.

Rien à faire.

Finalement, j’ai décidé de repartir sur des bases nouvelles, tout en conservant les anciens sites SPIP accessibles en archives.

Après tout, ils fonctionnaient encore. Pourquoi s’inquiéter ?

Ah ! La belle question…

Quand le progrès vous laisse sur le quai

Les années ont passé.

Les serveurs ont évolué, les versions de PHP ont changé, les logiciels ont été mis à jour et les vieilles installations SPIP ont commencé à tousser.

Puis à crachoter.

Puis à rendre l’âme.

Un beau jour, mes anciens sites sont devenus inaccessibles.

J’ai bien tenté quelques opérations de sauvetage. Remettre les mains dans le PHP, rechercher d’anciennes versions de SPIP, modifier des paramètres, réinstaller des fichiers…

Autant essayer de faire démarrer une vieille voiture avec une manivelle qui n’est pas du bon modèle.

À chaque tentative, même résultat : râteau !

J’ai fini par laisser tomber. Les vieux sites étaient partis rejoindre le cimetière des épaves numériques, quelque part entre les disquettes souples, les modems qui couinaient et les lecteurs de CD-ROM.

Du moins, c’est ce que je croyais.

Une épave au fond de MySQL

Car voici que, récemment, en évoquant mon Klepper et son ancien blog, l’idée m’est venue d’aller fouiller une nouvelle fois dans les entrailles de mes anciens hébergements.

Un peu comme lorsqu’on retourne dans un vieux grenier en espérant retrouver une boîte de photographies oubliée.

Et là, surprise !

Si les anciens sites sont définitivement incapables d’afficher leurs pages, leur base de données MySQL est toujours là !

Et dans cette base, soigneusement rangés dans des tables aux noms peu poétiques, dorment les textes de mes anciens articles.

Ceux du blog du kayak pliant, notamment.

Autrement dit, le bateau a coulé, le pont a disparu, les voiles sont parties en lambeaux, mais une bonne partie de la cargaison est toujours dans la cale !

Il suffit d’aller la chercher.

Bon, je dis « il suffit », mais ce n’est pas tout à fait aussi simple que d’ouvrir une boîte de sardines.

Les textes sont là, certes, mais il faut les retrouver, les extraire, reconstituer leur présentation, retrouver si possible les illustrations et remettre un peu d’ordre dans tout ce bazar.

Un véritable travail d’archéologie numérique.

Avec, pour tout pinceau et petite truelle, quelques outils informatiques et une bonne dose de patience.

Retour vers le futur, cap sur le passé !

Et voilà où je voulais en venir.

Puisque j’ai retrouvé ces vieux textes, pourquoi les laisser moisir au fond d’une base de données ?

J’ai donc décidé de remettre en marche la machine à remonter le temps.

De temps en temps, sur L’os à Voile, je vais ressortir un article du blog du kayak pliant. Un récit de navigation, une escale, une découverte, une anecdote ou quelque autre histoire rapportée de mes pérégrinations à bord du Klepper.

Je les accompagnerai, lorsque ce sera possible, de leurs illustrations d’origine, de nouvelles images et de quelques commentaires rédigés avec le recul des années.

Car il est parfois amusant de relire ce qu’on écrivait autrefois. On y retrouve des lieux, des rencontres, des enthousiasmes, des certitudes aussi… dont certaines ont pris un sérieux coup de vieux.

Et puis il y a cette drôle d’impression de retrouver un ancien compagnon de route, un peu poussiéreux, mais toujours prêt à raconter ses histoires.

Finalement, ce Klepper n’en finit pas de naviguer.

Après avoir traversé des mers, descendu des rivières et parcouru des milliers de kilomètres, le voilà maintenant qui s’apprête à explorer les profondeurs d’une base MySQL.

Un kayak pliant dans les méandres de l’informatique : avouez que, pour un bateau démontable, c’est une reconversion plutôt inattendue !

Allez, on ouvre les archives, on secoue la poussière, on remet les pagaies à bord…

Et en avant pour quelques navigations dans le siècle dernier !

Revue de détail du Nomad

Ceux que cela intéresse retrouveront en feuilletant les pages de l’Os l’origine de mes kayaks et en particulier du Nomad de Bic. Comment j’ai exploré la planète gonflable avec le Gumotex puis le Yakkair one puis le prototype du Nomad que m’avait envoyé Andy… Les temps a bien passé. Ensuite toute les aventures avec le couplage vélo kayak, la remorque Chubby et tutti quanti.

Je reviens juste sur mon Nomad qui est un des derniers disponibles sur le marché que je suis allé chercher dans le sud. Le plancher de mon premier Nomad ayant rendu l’âme et dans l’impossibilité de le remplacer. Feuilletez, vous trouverez tout ceci si le coeur vous en dit.

Donc venons-en aux améliorations que j’ai apportées sur ce kayak.

Ca c’est le petit chariot que j’ai simplifié pour les portages, ici il est encore en place sur la remorque
et là c’est quand il est en place sur le kayak en navigation : rapide un mousqueton et deux tendeurs.

La voile : je me suis déjà expliqué sur le sujet. Sur un kayak ou un canoë, si l’on veut vraiment utiliser la voile comme mode de propulsion, il convient d’y mettre les moyens ce qui suppose : un gréement digne de ce nom avec espars, voiles, dérives, accastillage. C’est possible mais plus compliqué à mettre en oeuvre. C’est ce que je fais avec mon Klepper. Ici on se contente d’une solution légère et mise en place en quelques clics : à savoir une voile utilisable uniquement aux allures portantes. C’est la voile Bic pliable comme les « tentes deux secondes » de D4…

voile dépliée
Voile juste posée : protège des coups de soleil sur les guiboles !
Et sinon pliée sur le pontage, coincée dans l’élastique qui va bien

Bon ensuite, on peut évidemment pagayer mais le petit moteur Torqeedo est un supplétif des plus agréable ! Silencieux, peu gourmand en énergie il permet des heures de navigation le nez au vent à observer les oiseaux et tout l’environnement …

J’ai donc fabriqué un « safran-moteur » A noter : une fois relevé, l’hélice sort de l’eau et il reste assez de safran pour diriger le bateau.
Un taquet sur le coté permet de relever le safran et de le maintenir relevé
Un détail : les deux tubes coudés, pas très jolis il est vrai, évitent au safran de se coincer à plus de 90 ° en cas de coup de palonnier intempestif !
Donc le palonnier en question qui permet de diriger le bateau sans problème

Voilà donc les « accessoires » rajoutés qui me permettent une navigation facile, légère et sans problème : pagaie, voile, moteur. La remorque de route n’est pas nécessaire, tout peut être sorti des sacs et mis en place au bord de l’eau.

Simplement pour gonfler un accessoire bien utile :

Gonfleur electrique : golfe à la pression demandée (3,5 PSI pour les boudins , 6,5 PSI pour le plancher et la quille. Un seul inconvénient : très bruyant quand il monte en pression

Taquets pour écoutes de spi (ou de foc).

Les taquets d’écoutes de spi (et de foc) étaient fixés sur le plat bord mais je n’étais pas satisfait de leur positionnement. J’ai bien essayé de les changer de place plusieurs fois mais, au final cela ne convenait toujours pas.

Je pense avoir trouvé une solution en réutilisant l’existant dans le bateau. Yves avait fabriqué deux sortes de petits sièges en demi lune qui encastrés sur le plat bord permettaient un rappel plus confortable.

En choisissant de renoncer au rappel, j’ai simplement retourné les tablettes ainsi constituées et fixé dessus un filoir et un taquet.

Rien n’est définitif : l’ensemble est juste encastré dans le liston, pas de trous dans le bateau !

A voir à l’usage si cela convient.

L’ancien siège de rappel positionné à l’envers avec filoir et taquet

Ligne de flottaison

Suite à mon idée de peindre Venexiana 5 en « bicolore » c’est à dire avec des oeuvres vives délimitées par la ligne de flottaison, se pose le problème de tracer celle ci.

Un contributeur avisé soulève néanmoins le point suivant : « pas forcément facile de trouver la limite entre les deux couleurs car la ligne de flottaison est variable sur un Silmaril en fonction du remplissage des ballasts… »

Donc première solution, scruter et analyser toutes les photos de Silmaril pour tenter de voir où se situe la flottaison.

Deuxième solution, se référer à « la bible » c’est à dire au site Arwen Marine d’Emmanuel (on ne dira jamais assez combien toutes les photos et documents présents sont précieux !)

Donc la page intitulée « Projet Silmaril » fournit pas mal d’indications :

Position de la flottaison – (image Arwen Marine)

Emmanuel indique : « Ce profil montre la position du ballast, en vert, sur les cotés du puits de dérive. Le dessus des réservoirs est au niveau de la flottaison, comme sur Gandalf.« 

Plus loin nous lisons : « A 404 kg de déplacement, seule la pointe du tableau affleure l’eau, donnant une coulée arrière très fluide.« 

Plan à 404 kg de charge situant la ligne de flottaison. (photo Arwen Marine)

Je pense donc que je vais me référer à ces côtes qui montrent un bateau en pleine charge et si les ballasts sont vidés et l’équipage réduit je devrais me résoudre à un look de cargo à vide !