Chronique d’une balade annoncée (7) : des précisions sur les bivouacs dans le PNR Anjou Touraine

Voici le complément des informations concernant la possibilité de bivouaquer au bord de la Loire dans le PNR Anjou Touraine .

Où l’on verra que la situation n’est pas désespérée et que décidément, non, la France n’est pas le pays de « l’interdit ». Les sternes et les kayakistes bivouaqueurs peuvent très bien cohabiter pour peu que l’on respecte certaines règles !

Bonjour Monsieur,

Je vous prie d’excuser ma réponse excessivement tardive à votre question. J’espère qu’il est encore temps d’y répondre.

La question du bivouac en Loire est effectivement complexe. Au sein du PNR Loire Anjou Touraine, il faut bien distinguer entre les secteurs avec une réglementation particulière et les autres, soumis à la réglementation générale.

1° Dans le cas de la réglementation générale, en Loire comme ailleurs, le camping peut être librement pratiqué, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol (donc sous réserve de l’opposition du propriétaire), sauf :

–          Sur les routes et voies publiques

–          sur les rivages de la mer ;

–          dans les sites inscrits et dans les sites classés;

–          dans le champ de visibilité des monuments historiques (attention à ne pas camper au pied d’un des châteaux de la Loire…) ;

–          dans un rayon de 200 mètres autour des captages d’eau.

Enfin, il faut savoir que des arrêtés municipaux plus restrictifs peuvent s’appliquer dans certaines communes. Lorsque c’est le cas, il doit y avoir un affichage spécifique qui le précise.

Pour la question de la propriété du terrain, dans le cas de la Loire : les bancs de sable font partie du domaine public fluvial, donc sont accessibles à tous (sauf dans les zones particulières, voire au 2°). En revanche, les îles permanentes (hors d’eau l’hiver  et qui sont boisées, cultivées, ou en prairies, voire bâties) sont le plus souvent des propriétés privées.

2° Pour ce qui est des zones particulières :

Dans certains secteurs fragiles, afin de protéger des espèces d’oiseaux menacées (Sterne pierregarin, Sterne naine, Mouette mélanocéphale, …) qui nichent à même le sable, l’accès aux îlots et bancs de sable est interdit, par un arrêté préfectoral de protection de biotope. L’accès y étant interdit, le bivouac y est donc interdit aussi, de même que tout activité pouvant déranger les oiseaux.

Au sein du PNR, sont concernés, du 1Er avril au 15 août de chaque année , les îlots de sables (= bancs de sable au milieu de la Loire, qu’on ne peut pas atteindre à pied sec depuis la berge) situés dans les secteurs suivants :

–          la Loire entre Montsoreau et Saumur : depuis le lieu-dit « le port de Montsoreau » jusqu’à l’Ile d’Offard, à Saumur (stade de foot)

–          la Loire entre Le Thoureil et la Daguenière : du Thoureil(rive gauche, face au bourg) et La Ménitré (rive droite) jusqu’à Juigné-sur-Loire et La Daguenière (à l’aval de Belle Île)

Je joins une carte qui situe ces deux secteurs, au sein desquels l’accès aux îlots de sables est interdit pendant la période estivale.

Carte

En revanche, dans ces secteurs, le bivouac sur les grèves attenantes à la berge ( autrement dit les « plages » qui sont accessibles à pied sec depuis la rive) reste permis, de même que sur les plages qui entourent les îles permanentes (en respectant la partie privée de l’île).

Enfin, sachez que, lorsque c’est possible, la LPO Anjou met en place des panneaux d’information pour signaler les zones accueillant des colonies importantes d’oiseaux protégés. Soyez particulièrement vigilants à ne pas traverser des zones qui seraient délimitées par de tels panneaux. Pour votre information, je joins également, 2 documents d’information présentant les espèces protégées, visées par ces mesures de protection.

Hors des limites du PNR, pour plus d’informations sur les interdictions en région Centre (hors PNR), vous pouvez consulter les arrêtés de protection de biotope existants ici : http://www.centre.developpement-durable.gouv.fr/les-arretes-de-protection-de-a1390.html ou vous renseigner auprès du Conservatoire des Espaces naturels de la Région Centre.

Je vous remercie pour les exemples de prestations touristiques que vous nous avez envoyés.  Le Parc naturel régional n’est pas responsable de la communication réalisée par les professionnels du tourisme, ni de la qualité des prestations qu’ils proposent et vendent.  Nous travaillons, avec la LPO Anjou,  à l’information et à la sensibilisation des professionnels du tourisme, afin qu’ils ne proposent pas leurs prestations de bivouac dans les secteurs sensibles.  Nous espérons que les professionnels sensibilisés informent leurs clients de l’existence de ces secteurs, et des « règles de bonne conduite » qu’il convient d’y respecter, pour préserver le patrimoine naturel de la Loire. Nous ne savons pas s’ils le font tous, systématiquement, mais nous savons que certains s’efforcent de le faire.

Espérant avoir pu répondre à vos interrogations, mes collègues et moi-même restons à votre disposition pour plus d’informations. N’hésitez pas à revenir vers nous si ma réponse n’est pas suffisamment claire.

Vous souhaitant un bon séjour en Loire-Anjou-Touraine,

Cordialement,

Lucile Stanicka
Chargée de mission Natura 2000
Vallée de la Loire des Ponts-de-Cé à Montsoreau – Vallée du Thouet
Ligne directe : 02 41 53 05 08

Parc Naturel Régional Loire Anjou Touraine
7 Rue Jehanne d’Arc, 49730 MONTSOREAU
Tél : 02 41 53 66 00 – Fax :  02 41 53 66 09
www.parc-loire-anjou-touraine.fr

Chronique d’une balade annoncée (1)

Préparer une rando vélo/kayak permet d’anticiper le plaisir en occupant le temps de manière utile tout en se plongeant dans des cogitations subtiles et d’ores et déjà jouissives.
Pour la ballade proprement dit, ce sera la deuxième quinzaine de juillet et la destination la Loire… Enfin un bout de Loire.

On verra un plus tard pour l’itinéraire précis mais ce qui est sur c’est qu’il y aura : de la rivière, des bivouacs, du camping, des châteaux, de bonnes bouffes, du farniente sur des îles, du vélo en forêt…
Le tout avec un maximum de confort, c’est possible voir la rando avec les copains et le Yakkair il y deux ans … déjà

Le concept vélo kayak est validé mais pour l’instant sur une seule journée sans la logistique de rando.

Première étape on teste avec matos existant… Ensuite on essaiera de dégraisser le mammouth.

Dans ce contexte on se retrouve avec trois configuration :

  • rivière : tout le matos, le vélo et la remorque sur le bateau
  • portage à pied : la remorque sert de chariot (le vélo reste dans la remorque)
  • route : le kayak remplace le vélo dans la remorque et le matos se répartit entre remorque et vélo.

Voilà ce que ça donne en photo et film :

En mode chariot

En mode vélo

En mode rivière

(le film n’est pas terrible mais ça donne une idée …)

Randonnée ligérienne…

La lente Loire passe altière et, d’île en île,
Noue et dénoue, au loin, son bleu ruban moiré ;
La plaine, mollement, la suit, de ville en ville,
Le long des gais coteaux de vigne et de forêt ;
Elle mire, orgueilleuse, aux orfrois de sa traîne
Le pacifique arroi de mille peupliers,
Et sourit doucement à tout ce beau domaine
De treilles, de moissons, de fleurs et d’espaliers.
Ce jardin fut le nôtre ; un peu de temps encor,
Ta douce main tendue en cueillera les roses ;
J’ai regardé fleurir dans sa lumière d’or
La fine majesté des plus naïves choses …

Francis Vielé-Griffin

Une fois de plus c’est une petite flotte hétéroclite qui s’élance de  Beaulieu en ce jeudi matin, fête carillonnée de l’Ascension. Le ciel est menaçant mais « qui trop écoute la météo passe sa vie au bistrot » professe avec sagesse le proverbe breton…

Après une nuit frisquette, dédaignant la rosée cristallisée en givre de ce premier matin nous partons pour trois jours de fleuve, d’îles sauvages, de villages aux clochers pointus, de rivages boisés, d’oiseaux piaillant dans le ciel et de castors plongeant dans la rivière.

Les coups de pagaie sont vigoureux mais le fleuve l’est tout autant, en bref il y a du bouillon et la flottille progresse allègrement armée par de valeureux équipages.

Pour ce nouvel épisode, notre groupe a évolué et s’est enrichi de nouvelles personnalités, offrant un nouveau casting.

Honneur à Patricia et Philippe sur leur navire amiral Nautiraid qui nous ont concocté cette rando avec le souci du détail et de la perfection, la patrie vous en est reconnaissante , un grand merci à vous deux.

Le consortium franco-russe Marcel et Svetlana chevauche un impressionnant Tromaran, OFNI  carrossé en prao écarlate. Marcel, un petit cheval noir sur le bordé et la Ferrari du kayak est enfin parmi nous ! Navire amiral de la flotte du Nord, né sur les étangs du Languedoc, ton fier  navire relègue l’Octobre Rouge du commandant Ramius au rang des barlus de pacotille. Marcel ton bateau c’est de la poésie brute, l’honneur de ce fleuve. A n’en point douter, Jean Carmet en eut pété d’émotion, un verre de Bourgueuil à la main et la larme à l’oeil en te voyant tracer ton sillage sur le fleuve…

Nancy et Jean-Pierre ont apporté avec eux un peu du bleu de la méditerranée avec leurs deux sit and top Bic.Nancy c’est la Belle de Mai pour un temps ligérienne, l’Estaque Sormiou et la Ciotat qui fulgurent dans la douceur des îles de Loire.

Alain à la pointe de notre escadre, manoeuvre  avec dextérité et élégance son canoë Old Town. Chapeau l’artiste, le geste est précis et tout semble facile pour ce canoë vert qui nous ouvre la route.

Enfin le Yakkair de Jacques fait en sorte que je me sens moins seul dans le monde des gonflants gonflés.

Jacques que d’aucuns auraient bien voulu brûler en d’autres temps, Jacques le Giordano Bruno des forums de la discorde… Oui mais il observe les oiseaux cet homme là. Il chante en Russe de vieilles balades que reprend Sviètlana, et corrige la vulgarisation scientifique là où il la croit fallacieuse, ou l’enseignement indûment coûteux. Il scrute le travail des maîtres compagnons bâtisseurs de Saint Benoît et tant d’autres choses encore … Et  « Quelle pétulance, marquis ! », vous la connaissiez ? Pas encore ?

Bienvenue au club des marins d’eau douce amère cher Jacques !

Trois jours de cache cache avec les nuages avec juste ce qu’il faut de soleil pour donner à cette lumière ligérienne cette teinte apaisée de la « doulce Loire ». Le vent lui même est favorable et me permet par moment d’envoyer ma petite voile tandis que Philippe et Patricia nous jouent un remake des parapluies de Cherbourg…

Escales touristiques : Briare et son fameux pont canal, le hameau de Bouteille son moulin et son four à briques, Sully sur Loire et son château, Saint Benoît et son abbaye. Rencontre patrimoniale avec l’authentique marine de Loire, cette très belle toue cabanée et son propriétaire rencontrés au Hameau de Bouteille.

Quiétude des bivouacs rustiques dans des écrins de verdure, crépitement du feu de bois et de la pluie la nuit sur la toile de tente. Musique des cloches lointaines, frémissements des  bruits de la nuit et du vent dans les hautes branches, clapotis de la rivière dans les remous des pierres englouties.

Et puis au milieu du parcours, passage du cap Horn des petits bateaux de Loire ! Le franchissement de la glissière du barrage de la centrale de Dampierre !

L’inquiétant Léviathan se signale de loin avec les panaches de ses tours réfrigérantes. Plus on se rapproche sous un ciel menaçant, plus on perçoit le roulement sourd de la chute d’eau… Franchirons nous le toboggan sur nos coquilles de noix ou allons nous devoir porter les bateaux pour effacer l’obstacle ?

Finalement, guidés par Alain, c’est toute l’invincible armada qui caracolant dans l’écume et  le courant se joue de la difficulté.

Ah ! ah !!! C’était fastoche !! Après …

Et l’on repart avec vigueur, tout faraud mais l’esprit quelque peu soulagé…

Et le fleuve toujours qui nous porte.

Enfin au bout de ces trois jours si courts, le kayak décrit une ultime courbe, racle une dernière fois le rivage devant le camping de Chateauneuf, et s’immobilise.

Voilà c’est fini… débarquement, rangement, douche chaude retour à la vie de tous les jours.

Ah c’était bien.

 Le road book de la rando par Patricia et Philipp