Rassemblement de Sainte Croix

Si vous saviez l’émerveillement que peut procurer une envie de pisser vers trois heures du matin…

Entre le van et le bloc sanitaire du camping, on se décroche le cou pour contempler l’un des ciels les plus purs dont on puisse rêver. Les étoiles, les constellations et la Voie lactée s’y détachent avec un éclat dont nous prive, ailleurs, la pollution lumineuse de nos agglomérations.

copie d’écran de la web cam de Sainte Croix du Verdon (je ne vais pas aux lieux avec un appareil photo)

En levant les yeux, on songe aux marins de l’Antiquité qui naviguaient sur notre Mare Nostrum. Leur GPS était gratuit, ne nécessitait aucun abonnement et ne tombait en panne que lorsque les nuages s’en mêlaient. Il fallait simplement savoir regarder le ciel — et éviter de confondre l’étoile Polaire avec une luciole égarée dans la mâture.

Mais le lac de Sainte-Croix, dans le Verdon, n’est pas la mer, même s’il en possède parfois la couleur : un bleu éclatant, presque insolent, qui donne immédiatement envie d’y tremper une coque.

C’est donc un nouveau terrain de jeu pour Venexiana et son équipage, venus retrouver une joyeuse bande de copains, pour la plupart membres de la fameuse « Pareloup’s Connection ». Mais pas seulement…

Cette rencontre a été initiée par Denys l’Ancien, tyran non pas de Syracuse, comme son auguste prédécesseur, mais du Vela Rem Social Club, dont on ne saurait dire assez de bien sans risquer de passer pour des fayots de première.

Rappelons qu’à l’origine, le mot « tyran » ne désignait pas nécessairement un dirigeant cruel. Certains tyrans furent même appréciés parce qu’ils favorisaient le commerce, les travaux publics ou les classes populaires face à l’aristocratie. Pisistrate, tyran d’Athènes au VIᵉ siècle avant notre ère, en est un bon exemple. Il portait en outre un nom qui, vous en conviendrez, entretient un rapport assez troublant avec mon propos liminaire.

Notre tyran à nous favorise surtout la pratique de la voile-aviron. Qu’il en soit chaleureusement loué !

Mais il semblerait que je m’éloigne du sujet..

Un rassemblement de voile-aviron, c’est avant tout un lieu, un plan d’eau, un camping et une collection de jolis petits bateaux. À notre première ébauche de flottille est venu s’ajouter un second groupe de navigateurs : nos amis de l’association Rivages de Méditerranée.

Nous nous connaissons déjà bien, puisque nous avons eu l’occasion de naviguer ensemble sur le lac de Serre-Ponçon, lors de la rencontre des « Voiles d’en haut ». Autant dire que les retrouvailles se sont faites sans cérémonie inutile, mais avec toute la chaleur requise.

Le village de Sainte-Croix-du-Verdon est perché sur une colline abrupte. Tout en bas, au bord du lac, se trouvent le camping municipal Les Roches et le Club nautique et de loisirs de Sainte-Croix-du-Verdon.

Nous y sommes accueillis par Fabrice, le chef de base, qui se met en quatre pour nous faciliter la logistique. Deux cales sont disponibles pour la mise à l’eau, ainsi qu’un tracteur pour les manœuvres les plus délicates.

Une des deux cales de mise à l’eau

Comme Gilbert et son Vaurien, nous disposons d’un chariot de mise à l’eau. Nous pouvons donc garer nos bateaux pour la nuit dans l’enceinte même du club.

Venexiana sur son chariot dans l’enceinte du club

Pour les autres équipages, des bouées et des mouillages sont mis à disposition. Et même si l’eau est agréablement chaude, Fabrice réussit à dénicher une annexe afin que chacun puisse rejoindre son bord.

les bateaux au mouillage sur des bouées (on se croirait à Lanveoc !)

Bref : tot va ben !

Côté météo, le mot « canicule » a enfin déserté les conversations. Il fait beau, il fait chaud, et le vent reste plutôt léger. Un thermique se lève toutefois en fin d’après-midi, juste assez pour tirer des bords un peu plus dynamiques et donner aux équipages l’illusion flatteuse de participer à une régate internationale.

Ce furent donc trois jours de jolies navigations, bercées par le bruit de l’eau, le souffle du vent et, parfois, la flûte traversière de l’un de nos amis de Rivages de Méditerranée.

Le Morse Cool et son équipage Denis et Cécile

Ah ! oui, j’allais oublier un détail essentiel : les moteurs thermiques sont interdits sur le lac, à l’exception de ceux des bateaux de sécurité.

Autrement dit…

PAS DE JET-SKI !

Rien que pour cela, Sainte-Croix mérite cinq ancres au guide nautique de L’Os à Voile.

Une journée devait nous conduire jusqu’à une plage joliment baptisée « la plage rouge », pour un pique-nique au bord de l’eau. Car la voile-aviron est une activité nautique dont l’un des objectifs principaux consiste à trouver un endroit où s’arrêter afin de manger.

la plage Rouge site de notre pique nique

Nos amis de Rivages avaient également prévu une soirée festive dans leur club, situé de l’autre côté du lac, à Bauduen. Mais, pour une sombre affaire non pas de bottes d’oignons, mais de fâcheries entre édiles, la fête dut finalement se tenir au club de Sainte-Croix, qui mit une fois encore ses installations à notre disposition.

Avec les musiciens du groupe Les Marins des Alpes, la soirée s’anima au rythme des chansons de marins et des danses. Car avec les amis de Rivages de Méditerranée, on navigue, on chante… et surtout, on danse !

les danseurs : video de Christophe

Les autres soirs, nous nous retrouvions autour d’une sorte d’auberge espagnole improvisée dans l’enceinte du club. Chacun apportait quelque chose et tout finissait par circuler dans une joyeuse fraternité de salades, de charcuteries, de fromages et de bouteilles dont nous tairons pudiquement le nombre.

Voilà, en quelques mots, de quoi vous donner envie de nous rejoindre.

Sous l’vent : conçu et construit par son propriétaire avec un interessant moteur electrique intégré

Que l’on navigue en Bretagne, en Méditerranée, sur le lac du Der ou au milieu des eaux turquoise du Verdon, l’objectif reste toujours le même : retrouver les amis, mettre les bateaux à l’eau, naviguer et partager de beaux moments de convivialité.

Jusqu’à présent, c’est plutôt réussi.

Et si, en pleine nuit, une envie pressante vous conduit jusqu’au bloc sanitaire, n’oubliez pas de lever les yeux. Le plus beau souvenir du voyage n’est pas toujours celui que l’on avait prévu.

Venexiana : merci Jean pour la photo !

Retour à Serre Ponçon

L’an dernier, le rassemblement « Les Voiles d’en haut » nous avait offert l’occasion de retrouver le superbe lac de Serre-Ponçon. Un plan d’eau que nous avions déjà largement sillonné du côté de Savines-le-Lac, à l’époque héroïque du Fireball — quand nous étions jeunes, beaux et presque toujours persuadés de savoir d’où venait le vent.

Comme ce rassemblement n’a lieu que tous les deux ans, pas question d’attendre sagement la prochaine édition ! Nous avons donc décidé de retourner à Serre-Ponçon pour un court séjour, tout en lançant un appel aux copains : « Nous y serons… qui nous aime nous suive ! »

Pour être exact c’est à Saint Vincent les Forts, c’est à dire côté Ubaye du plan d’eau que nous nous planté notre camp de base.

L’appel fut entendu par nos amis savoyards : Hugues arriva avec son Skerry Raid et Fred avec la Matine son Ilur.

Nous voilà donc réunis en cette fin du mois de juin pour quelques jours de belles navigations et de joyeuses retrouvailles dans le magnifique décor du lac de Serre-Ponçon enchâssé dans les montagnes alpines.

Le Skerry raid d’Hugues

Et l’ami Fred et son Illur !

Le camping est toujours au top, au bord de l’eau et nous sommes à la bonne période, juste avant le rush des vacanciers !

Le même emplacement que l’an dernier !
Que l’on ne s’y trompe pas ! Nos savoyards sont des cuistots hors pairs et on ne se laisse pas abattre !
Raoul toujours au top en navigation !
Et là pour finir vous assistez au sauvetage d’un malheureux camping cariste allemand, coincé sur une pente herbeuse glissante qui s’en sortira grâce aux chaînes à neige de nos valeureux savoyards !!!

Rassemblement « les Voiles de la lagune » à la Nautique.

Cette fois, cap au sud pour un nouveau rassemblement qui s’annonçait prometteur… et il a tenu toutes ses promesses !

Notre camp de base ? Le magnifique site de La Nautique, sur les rives de l’étang de Bages, près de Narbonne. Un lieu exceptionnel qui réunit sur un même espace un port, un club de voile, une importante école de voile, un restaurant et même un secteur dédié aux vieux gréements et aux voiles-avirons. Le tout animé par une association particulièrement dynamique.

Installés sous les pins !

Dès notre arrivée, l’équipe de La Nautique nous a réservé un accueil royal. Sous les grands pins, il ne manquait pas de place pour installer les vans, et ceux qui préféraient un peu plus de confort pouvaient même profiter des chambres du club.

Vendredi après-midi, la Tramontane soufflait généreusement. Le plan d’eau se couvrait de moutons blancs pour le plus grand bonheur des kitesurfeurs et autres véliplanchistes .

Samedi matin, après un copieux petit-déjeuner offert par les amis du club, le vent s’était assagi. Des conditions idéales pour une navigation en flottille jusqu’au superbe village de Bages. Là nous attendaient un apéritif convivial puis un repas servi sous les chapiteaux. L’après-midi, un agréable thermique est venu prendre le relais et nous a offert une magnifique session de navigation sur l’étang. Du soleil, du vent, une eau superbe… et surtout aucun jet-ski à l’horizon. Le paradis !

Le village de Bages, les voiles latines le samedi matin
L’après midi le vent est au rendez-vous !

Le soir, place à la convivialité avec un apéritif suivi d’une généreuse paella dégustée sous les pins de l’école de voile.

Dimanche, la météo a imposé quelques ajustements : la navigation prévue le matin a été reportée à l’après-midi en avançant l’heure du barbecue. Une sage décision qui a permis de profiter pleinement des meilleures conditions.

Le « Deux Frères » le bateau du patrimoine géré par l’association du même nom.

L’association les amis du Deux-Frères

Mais La Nautique ne se résume pas à la voile. Le site est également un véritable trésor historique. C’est ici que se trouvait l’un des principaux ports de la Narbonne gallo-romaine. Les fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges du port antique, mais aussi ceux d’une immense villa maritime et d’un impressionnant vivier destiné à l’élevage des poissons.

Pour prolonger cette plongée dans le passé, nous avons pris la direction du musée de Narbonne. Et quelle surprise ! Une visite guidée exceptionnelle nous a permis de découvrir les réserves habituellement fermées au public ainsi que les ateliers de restauration des enduits peints en provenance de la villa maritime.

Au final, ce rassemblement aura réuni tous les ingrédients d’un excellent cru : le plaisir de retrouver les amis, de faire de nouvelles rencontres, de partager de belles navigations dans un cadre préservé et de s’enrichir de découvertes historiques et archéologiques passionnantes. Une parenthèse dont nous sommes repartis avec de très beaux souvenirs… et déjà l’envie de revenir.

D’autres photos du rassemblement

Premiers bords pour Venexiana 5

C’est sur le lac du Der que nous avons pu tester notre nouveau bateau.

C’est toujours un grand plaisir de retrouver les copains sur ce magnifique plan d’eau. Cette année le beau temps était au rendez-vous. Au fil de ces dernières années nous avions maints fois subi des météos maussades, mêlant pluies, vents forts et même de la neige !

Cette fois, tempête de ciel bleu, un fond d’air restant frais mais agréable et un vent léger, « un temps de demoiselles ».

Juste ce qu’il nous fallait pour tester tous les réglages de ce bateau que son précédent constructeur et propriétaire, Yves, avait soigneusement peaufiné au fil des années.

Un vent très léger qui nous évité de trop recourir aux avirons, sauf pour la sortie du port.

La mise à l’eau avec notre charriot 4X4 et deux autres Silmaril
La sortie du port : gros avantage par rapport au Skerry, Marie peut barrer et diriger le bateau – photo E. Gut
Avec le spi en voile d’avant – photo Lionel Baudoin
L’équipage au complet, Marie a conservé la barre durant ces trois jours me permettant de peaufiner les réglages … sous la surveillance de Raoul ! – Photo Lionel Beaudoin
Ici on constate que l’on a changé de voile d’avant : c’est le foc du gréement que j’avais acheté quand il était question de construire le nouveau bateau. photo Emmanuel Conrath

Donc un bilan très positif sur l’eau. Le seul problème est venu de la remorque. Le choix d’un charriot de mise à l’eau à le grand avantage de supprimer les manoeuvres de cale avec la voiture. Le problème vient des roues positionnées trop en arrière ce qui amène trop de poids sur l’avant. On résolvait la chose avec le Skerry en faisant ripper le bateau sur la remorque pour positionner les roues à peu près au milieu du bateau ce qui permettait une manutention facile. Avec le Silmaril, plus lourd, l’utilisation de l’ancien charriot de mise à l’eau embarqué du Skerry et placé à l’avant du charriot transforme celui-ci en 4X4 qu’il suffit de pousser ou de tirer avec des efforts moindres.

J’avais procédé à des essais de dépose et de remontée du bateau dans la cour à la maison et tout fonctionnait à une seule personne. Cette fois, si la dépose remorque attelée à la voiture s’est faite sans problème, nous avons eu du mal pour la remontée. En fait, l’opération doit se réaliser remorque dételée pour profiter du timon cassant.

Problème résolu de retour à la maison avec quelques modifications sur le chariot et la mise au clair des séquences de dépose et remontée du bateau sur la remorque routière en jouant sur la casse du timon.

Et pour finir, voilà P’tit Truk, c’est le nouveau nom de Pirate du Rhône. Yves a fait tout ce qu’il convenait pour profiter du Skerry au maximum : chasse au poids, plus de bancs, mat carbone, nouvelle voile… Le résultat est au rendez vous et nous sommes très contents de notre échange de bateaux !

Lien vers plus de photos de Terre et Der 2026