Ça passe ou ça casse … Descente de la KIZILIRMAK -1336 visites
Il était temps d’essayer le bateau…
Direction la Cappadoce, Avanos et le fleuve rouge : traduction littérale de KIZILIRMAK.
Au printemps j’avais déjà descendu le fleuve sur un canot raft, c’était la fin de l’hiver, il y avait beaucoup d’eau et quelques passages tumultueux.
Là c’était différents, moins d’eau, moins de courant et surtout nous allions descendre en aval d’Avanos là où la rivière est plus calme.
Nous avons embarqué à la sortie d’Avanos, pour cette première descente. Benjamin et Maïgari avait embarqué.
Il y avait peu d’eau et au passage de certaines gravières, le bateau raclait le fond mais tout allait bien.
Et puis nous arrivé au niveau d’une chute d’eau un peu plus forte, c’était juste sous un pont et tous les copains étaient en haut qui filmaient la scène.
Je me souviens de mes dernières paroles : « ça passe où ça casse ! »…
J’ai senti la structure du bateau se déformer, des chocs violents sous le bateau, des secousses, de l’eau qui éclabousse partout et arrivé en bas… c’était cassé, le bateau prenait l’eau, la peau était percée…Fin de la première navigation…
C’est à Ankara que j’ai réparé le bateau, j’ai fais venir de chez KWA un kit de réparation, rustine, pièces collages…. La structure avait un peu souffert, le couple n°5 était un peu abîmé, je l’ai redressé, consolidé à l’araldite. Depuis cette date l’ensemble tient le coup…
Et c’est ainsi qu’a été baptisé l’Increvable …Port d’attache Avanos.
…
La Cappadoce figurait parmi nos destinations favorites pour nous évader d’Ankara. À quelque 300 kilomètres par la route, l’escapade restait relativement accessible dans un pays aussi vaste que la Turquie, où le moindre déplacement peut rapidement prendre des allures d’expédition.
Située au cœur de l’Anatolie centrale, la région doit sa renommée à ses paysages spectaculaires, façonnés par des millions d’années d’érosion. Le tuf volcanique y a été creusé, découpé, sculpté en vallées profondes et en formations rocheuses aux silhouettes improbables. Les plus célèbres, les fameuses « cheminées de fées », sont devenues l’emblème de la Cappadoce.
Mais derrière ces paysages de carte postale se cache un territoire autrement plus riche, où l’histoire, la géologie et les traditions se mêlent. Et, comme nous allions le découvrir, la Cappadoce réserve aussi quelques surprises à ceux qui choisissent de l’explorer autrement que par les circuits touristiques habituels…


Nous descendions alors à la Kirkkit pension chez Osman à Avanos une ville est célèbre pour ses potiers.

La réparation :
Le Klepper y laisse des plumes… et son capitaine quelques vertèbres !
Le kayak avait sérieusement morflé. Il faut dire qu’un kayak pliant, aussi robuste soit-il, n’a jamais été conçu pour crapahuter entre les rochers d’une rivière en eau vive. Et ce jour-là, le Klepper allait découvrir les limites de son invulnérabilité…
Pourtant, tout avait plutôt bien commencé. Les premiers kilomètres de descente s’étaient déroulés sans incident notable. Certes, la coque avait parfois frotté un peu trop intimement quelques cailloux, mais rien de bien inquiétant. Le bateau encaissait, son équipage aussi. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes nautiques.
Jusqu’à ce fameux rapide.
Un passage sous un pont, sur lequel tous les copains s’étaient installés aux premières loges. Excellente position pour assister au spectacle. Nettement moins confortable pour celui qui allait en être l’acteur principal !
Au franchissement du rapide, j’ai immédiatement senti que quelque chose ne tournait pas rond. Toute la structure du Klepper avait été violemment secouée. Les cailloux, certainement. Mais je reste persuadé qu’un vilain morceau de ferraille, tapi sous l’eau, avait également participé à l’opération. Car pour perforer ainsi la peau du bateau, il fallait autre chose qu’un simple galet mal intentionné.
Fin de la navigation. Rideau.
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la contrariété allait avoir des conséquences inattendues sur le capitaine. Entre l’émotion et la rage d’avoir esquinté mon fidèle Klepper, je me suis déclenché un superbe lumbago !
C’est donc plié en deux — un comble pour le propriétaire d’un kayak pliant — que j’ai regagné Avanos, tandis que les copains se chargeaient de hisser le blessé sur la voiture.
L’art de recoller les morceaux
Heureusement, le kayak pliant possède un avantage considérable : il se répare relativement facilement. Et contrairement à ce que pouvait laisser craindre la violence du choc, les dégâts sur la structure restaient limités.
Seul le couple n° 5 avait véritablement souffert. Un redressage, un peu d’Araldite, et le voilà remis en état. Une réparation suffisamment solide pour que je continue à naviguer ainsi pendant plusieurs années, avant de finalement remplacer le couple par une pièce d’origine Klepper.
Restait le plus délicat : la peau du bateau.
Une belle déchirure qui aurait pu signer la fin de la carrière de notre navigateur anatolien. Mais Klepper avait prévu ce genre de mésaventure et proposait un kit de réparation que j’avais pris soin de faire venir de France.
Une pièce soigneusement collée sur la blessure, un peu de patience, et le tour était joué.
Vingt-trois ans plus tard, la rustine est toujours là !
Pas la moindre voie d’eau depuis cette réparation. Pas une goutte. Comme quoi, avec un peu de colle et quelques morceaux de caoutchouc, on peut parfois faire mieux que certaines réparations de chantier naval.
Quant au lumbago du capitaine, il a heureusement disparu depuis longtemps. Dommage qu’on ne puisse pas réparer les dos avec de l’Araldite aussi facilement que les kayaks !
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